Elections

Centrafrique : vers un report (prévisible) des élections

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h59
Depuis la fin de juin, seuls 40 % des quelque deux millions d’électeurs potentiels se sont inscrits sur les listes électorales.

Depuis la fin de juin, seuls 40 % des quelque deux millions d'électeurs potentiels se sont inscrits sur les listes électorales. © Patrick Fort/AFP

Les élections présidentielle et législatives, dont le premier tour est fixé le 18 octobre, seront-elles reportées ? La Centrafrique en prend le chemin, en raison des difficultés financières et sécuritaires prévisibles rencontrées par les agents du recensement électoral dans des régions toujours en proie aux violences intercommunautaires.

Le Conseil national de transition ( le CNT, le Parlement centrafricain] demande un nouveau report des élections. « Le CNT estime que l’Autorité nationale des élections et le gouvernement doivent prendre leur responsabilité pour revoir le calendrier électoral, en raison des réalités évidentes constatées« , a déclaré Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du Parlement.

« Nous constatons avec beaucoup d’autres que les élections ne pourront se tenir à bonne date. Le 18 octobre, il n’y aura pas d’élection (…) il y a une sorte d’instabilité et de vacance qui se pointe à l’horizon », affirme Crépin Mboli-Goumba, ancien ministre, président du parti africain pour la transformation radicale et l’indépendance des États.

Même constatation pour Aurélien-Simplice Zingas, ancien ministre, membre du parti Kélemba : « Les dates fixées ne peuvent être tenues. Le collectif des partis politiques, associations et personnalités indépendantes souhaitent qu’un consensus puisse être trouvé sur des proposition de nouvelles dates ».

Jusqu’à 2,1 millions d’électeurs potentiels attendus 

Le président de l’Autorité nationale des élections, Dieudonné Kombo Yaya, se veut quant à lui plus optimiste. Si « la dynamique des élections » est selon lui toujours d’actualité, les difficultés s’accumulent. « Le retard accusé aujourd’hui dans le processus électoral est imputable en grande partie à l’insuffisance des disponibilités financières, et d’un niveau acceptable de la sécurité dans certaines régions », assure-t-il.

L’Autorité table sur des prévisions de 1,9 à 2,1 millions d’électeurs potentiels, et indique qu’elle a en déjà enregistré 900 000, dont 314 000 à Bangui. Elle a enregistré la grande majorité des électeurs dans le sud-est, l’ouest et le nord-ouest mais pas encore dans les régions du centre, du nord, du nord-est et de l’est. Reste aussi à enregistrer les centaines de milliers de réfugiés dans les pays voisins.

Fort regain des violences intercommunautaires

Ces régions, éloignées de Bangui, sont sous la coupe de milices et de bandits. Au moins 20 personnes ont été tuées et de nombreuses blessées au cours d’affrontements intercommunautaires qui ont éclaté le 20 août à Bambari (centre), provoquant des déplacements importants de populations.

Après deux précédents reports, les autorités de la transition avaient fixé au 18 octobre le premier tour de la présidentielle et des législatives. Auparavant, le 4 octobre, doit avoir lieu un référendum sur le projet de nouvelle Constitution, à peine d’être adopté dimanche.

Autre facteur de tension dans les semaines à venir : le nombre de postulants à la présidentielle qui ne pourront se présenter car inéligibles, la Cour constitutionnelle ayant exclu des scrutins toutes les personnalités liées au régime de transition.

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, a plongé ce pays déjà très instable dans une grave crise, déclenchant des tueries entre communautés musulmanes et chrétiennes, dont le pays peine toujours à se relever.

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