Société

Le pape François demande aux prêtres de pardonner l’avortement

Le pape François a annoncé mardi avoir décidé donner le pouvoir à tous les prêtres d’accorder le pardon, durant l’Année sainte extraordinaire voulue par lui, à tous les catholiques repentis ayant avorté ou provoqué un avortement.

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:59

Le pape François entamera sa tournée africaine le 25 novembre © AFP

Dans une lettre adressée au prélat italien Rino Fischella, l’organisateur de l’ « Année Sainte » extraordinaire (qui se déroulera du 8 décembre prochain au 20 novembre 2016), le pape François a ainsi détaillé diverses dispositions pour que la possibilité de voir ses fautes pardonnées bénéficie au plus grand nombre.

Outre les malades ou détenus incapables de se rendre dans les cathédrales et les églises jubilaires pour faire la démarche de repentir, le souverain fait également un pas vers les catholiques ayant subi ou provoqué un avortement.

Il déclare notamment avoir « décidé, nonobstant toute chose contraire, d’accorder à tous les prêtres, pour l’Année jubilaire, la faculté d’absoudre du péché d’avortement tous ceux qui l’ont provoqué, et, qui, le cœur repenti, en demandent pardon ». Pour les femmes ayant avorté, « le pardon de Dieu à quiconque s’est repenti ne peut être nié », ajoute le pape.

Officiellement, et bien que la mobilisation d’associations et de l’opinion publique ait pu faire bouger les lignes dans certains cas, « qui procure un avortement direct encourt l’excommunication latae sententiae » l’Église catholique, c’est-à-dire une exclusion automatique du simple fait que l’acte ait été commis.

« Drame de l’avortement »

« Le drame de l’avortement est vécu par certains avec une conscience superficielle, qui semble ne pas se rendre compte du mal très grave qu’un tel acte comporte. (…) Beaucoup d’autres, en revanche, bien que vivant ce moment comme un échec, considèrent ne pas avoir d’autres voies à parcourir. Je pense à toutes les femmes qui ont eu recours à l’avortement », explique cependant François.

« Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. Je sais qu’il s’agit d’un drame existentiel et moral. J’ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux. Ce qui a eu lieu est profondément injuste », ajoute-t-il encore.