Politique

Au Nigeria, les ambassadeurs des filles de Chibok ont manifesté contre Boko Haram

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Mis à jour le 28 août 2015 à 09:36

Des proches des lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram se recueillent lors d’une marche de jeunes, le 27 août 2015 à Abuja. © AFP

Plus de 500 jours après le rapt massif des lycéennes de Chibok, leurs proches restent très mobilisés. Plusieurs marches ont eu lieu au Nigeria jeudi.

Cela fait désormais 500 jours que les 219 « lycéennes de Chibok » ont disparu. Le 14 avril 2014, leur enlèvement pas Boko Haram dans l’État de Borno avait provoqué une mobilisation internationale de grande ampleur, médiatisée par la campagne #BringBackOurGirls –  littéralement « Rendez-nous nos filles ».

Pour commémorer l’enlèvement des lycéennes, de jeunes militants surnommés les « ambassadeurs des filles de Chibok » ont parcouru les rues de la capitale fédérale nigériane jeudi, vêtus de leurs emblématiques t-shirts rouges.

« Mon cœur saigne »

Ils ont ensuite brandi des pancartes avec les noms et les visages des jeunes disparues. Des dignitaires religieux les ont rejoints pour dénoncer leur sort toujours incertain et appeler à la mobilisation. « Mon coeur saigne pour ces enfants. Ma honte est indicible », a ainsi déclaré l’archevêque catholique d’Abuja. « J’ai honte que près de 300 filles aient pu disparaître juste comme ça, même après que nous ayons dit que l’armée faisait de son mieux ».

Également présent, le cheikh Nura Khalid, imam d’une mosquée de la capitale, a appelé à la mobilisation pour « que les filles de Chibok retrouvent leur liberté »

« Je reverrai ma fille » 

Une veillée aux chandelles est venue finir cette journée de commémoration.

Si certaines mères des lycéennes ont assuré avoir confiance en Muhammadu Buhari pour pouvoir encore libérer les jeunes filles et lutter contre Boko Haram, d’autres se sont montrées plus pessimistes. « Je sais que je reverrai un jour ma fille. Ici ou au paradis », a ainsi déclaré l’une des mères des 219 lycéennes.

Selon plusieurs analystes, l’espoir des les retrouver est désormais très infime. « Nous savons qu’elles ont été séparées et que certaines sont devenues esclaves sexuelles. Plusieurs d’entre elles ont servi de bombe humaine et sont endoctrinées pour devenir des combattantes », expliquait jeudi Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France à Jeune Afrique. Avant de conclure : « Celles qui refusent sont tuées ou se suicident pour y échapper. Leur fin est rarement heureuse. »