Diplomatie

Accord de paix au Soudan du Sud : quand Riek Machar répond aux réserves de Salva Kiir

Salva Kiir et Riek Machar le 9 mai 2014 à Addis-Abeba.

Salva Kiir et Riek Machar le 9 mai 2014 à Addis-Abeba. © Zacharias Abubeker/AFP

Riek Machar, le chef rebelle sud-soudanais, a estimé jeudi que les réserves émises la veille par le président Salva Kiir, lorsqu’il a signé l’accord de paix visant à mettre fin à 20 mois de guerre civile au Soudan du Sud, « font douter de sa sincérité ».

« Ses propos sont décourageants. Cela jette le doute sur son engagement à appliquer l’accord de paix », a déclaré le chef rebelle sud-soudanais Riek Machar, qui a signé cet accord le 17 août dans la capitale éthiopienne, théâtre de 19 mois de pourparlers, longtemps stériles.

« Nous avons tous des réserves mais nous n’avons pas entaché notre signature avec des réserves, parce que cela signifierait rouvrir les négociations. Nous, nous avons signé l’accord le 17 août et nous sommes déterminés à l’appliquer », a ajouté l’ancien vice-président.

Le président Salva Kiir, sous menace de sanctions internationales, a affiché mercredi 26 août à Juba une réticence manifeste à signer l’accord, le qualifiant de « paix imposée » et indiquant « rejeter » de nombreuses dispositions.

Les réserves et revendications de Salva Kiir

Il a remis à la médiation un document, consulté par l’AFP, énumérant 16 réserves, réclamant la modification ou suppression de certaines dispositions-clés, notamment concernant le mécanisme de partage du pouvoir avec la rébellion.

La principale réserve concerne le poste de Premier vice-président, créé au côté de l’actuel vice-président et attribué aux rebelles. Dénoncé par les autorités sud-soudanaises comme une « prime à la rébellion », ce point-clé prévoit notamment que le président Salva Kiir consulte son Premier vice-président – qui sera vraisemblablement le chef de la rébellion, son ancien vice-président Riek Machar – en vue de décisions « collégiales ».

En revanche, le gouvernement prône deux vice-présidents « d’égal pouvoir » aux « fonctions et devoirs » fixés par le chef de l’État. Il souhaite également que celui-ci reste maître de la Constitution de son équipe gouvernementale et rejette la répartition des portefeuilles imposée par l’accord.

Le camp du président Salva Kiir conteste en outre la prééminence (46% des sièges) accordée aux rebelles dans les exécutifs locaux des trois États-clés du Jonglei, Haut-Nil et Unité et y réclame 70 % des postes. Il refuse que les rebelles désignent les gouverneurs du Haut-Nil et d’Unité et qu’ils aient le moindre siège dans les exécutifs des autres États du pays où l’accord leur en accorde 15%.

Répliques de Riek Machar

Je suis le commandant en chef, pas eux

Des exigences dénoncées par le chef rebelle. « Nous nous sommes assis ensemble pour négocier. Gouverner a des règles et si nous suivons ces règles, nous devons être capables d’appliquer l’accord et de faire revenir la paix et la stabilité dans le pays », a estimé Riek Machar.

« L’accord fixe les pouvoirs exercés par le président et par le Premier vice-président : les choses sont claires », a-t-il poursuivi.

Riek Machar, récemment désavoué par certains chefs militaires de la rébellion, a également contesté les affirmations de Salva Kiir, qui estime que ces dissidences entravent l’application de l’accord. Ces dissidents « ne contrôlent pas de troupes sur le terrain. (…) Je ne pense pas que cela posera de difficultés. Je suis le commandant en chef, pas eux », a répondu Riek Machar, depuis sa résidence d’Addis-Abeba.

Le chef rebelle a dit attendre, pour se rendre dans la capitale sud-soudanaise actuellement sous contrôle des forces pro-Kiir, la démilitarisation de Juba, prévue sous trois mois par l’accord, une disposition également contestée par le gouvernement sud-soudanais.

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