Économie

Nigeria : le fonds souverain se dote d’une direction

Le fonds consacrera 20% de ses actifs au financement des infrastructures (ici, Lagos, la capitale économique). © DR

Doté d'un milliard de dollars, le fonds souverain du Nigeria compte Arnold Ekpe parmi les membres de son conseil d'administration. Uche Orji, un ancien analyste d'UBS, sera aux commandes.

Approuvé il y a quelques mois par le gouverneurs d’État, le fonds souverain du Nigeria a connu ces derniers jours une nouvelle avancée. Sous la houlette de la ministre Ngozi Okonjo-Iweala, le nom du conseil d’aministration et du directeur général du futur fonds doté de 1 milliard de dollars a été officialisé. Parmi eux, uniquement des entrepreneurs et financiers de premier plan. Mahey Rafindadi Rasheed, déjà au conseil d’administration de la première banque du pays, First Bank of Nigeria, présidera le fonds. À ses côtés, Arnold Ekpe, dirigeant historique de la banque panafricaine Ecobank pendant encore quelques mois, Jide J. Zeitlin (ex-Goldman Sachs), la femme d’affaires Ibukun Bili Awosika et Hassan Musa Usman (patron d’ASO Savings & Loan).

740 candidats

Pour choisir l’homme aux manettes, 740 candidatures auraient été épluchées pour 40 profils retenus par KPMG, qui assistait le gouvernement dans ce recrutement stratégique. Uche Orji a été finalement nommé directeur général pour 5 ans. Diplômé de l’Université de Port-Harcourt en 1990 puis d’un MBA de Harvard huit ans plus tard, le Nigérian a successivement travaillé chez Arthur Andersen et Diamond Bank avant de rejoindre la crème de la finance internationale en intégrant JP Morgan, Goldman Sachs puis, en 2006, UBS où il était encore au moment de sa nomination à la tête du fonds souverain nigérian. Son principal défaut n’en sera peut-être pas un : il a quitté l’Afrique et le Nigeria depuis une décennie, travaillant successivement à Londres puis à New York. Sa principale qualité : avoir une réputation d’investisseur talentueux lorsqu’il pilotait une équipe d’analystes financiers spécialisés sur les valeurs technologiques aux États-Unis.

Le fonds devra investir 20% de ses actifs pour les générations futures et 20% afin de défendre l’économie contre des chocs pétroliers externes. 20% iront également pour le financement des infrastructures. L’investissement du solde sera laissé à la liberté du management et du conseil. Le fonds souverain sera alimenté en partie par les fonds disponibles sur l’Excess Crude Account (ECA), un compte qui collecte les bénéfices de la vente du pétrole et qui dispose de 7 milliards de dollars aujourd’hui. Le fonds souverain devrait à terme remplacer l’ECA, avec comme objectif principal de déterminer des règles claires d’investissement et d’en finir avec l’opacité et donc les détournements massifs.

 

 

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