Politique

Liban : ce qui se cache derrière la crise des poubelles

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h58
Manifestation à Beyrouth le 23 août 2015 contre la crise des déchets

Manifestation à Beyrouth le 23 août 2015 contre la crise des déchets © Bilal Hussein/AP/SIPA

La contestation prend de l’ampleur au Liban, confronté depuis plusieurs semaines à une crise des déchets sans précédent. Certains manifestants ont même appelé à la démission du gouvernement et dimanche soir les heurts entre protestataires et les forces de l’ordre ont fait près de 70 blessés.

Le Liban fait face à une crise des déchets sans précédent. Hier soir, de violents affrontements ont éclaté dans le centre de Beyrouth, entre des manifestants et les forces de police, faisant 70 blessés.

La contestation a dégénéré  lorsqu’un groupe de protestataires s’est attaqué aux forces de l’ordre. Coups de matraque, gaz lacrymogène, canons à eau, tirs de sommation, la riposte policière a été musclée.

Plusieurs milliers de Libanais se sont rassemblés dimanche 23 août pour protester contre l’inaction du gouvernement, tous excédés par les tonnes de déchets qui s’accumulent dans les rues de la capitale depuis près d’un mois.

Reconduite pour la deuxième journée consécutive, la manifestation se voulait pacifique. Le collectif « Vous puez » à l’initiative de la contestation s’est désolidarisé des violences de la veille, préférant suspendre la manifestation ce lundi.

Le Liban n’en est pas à sa première crise des poubelles, mais c’est la première fois qu’elle prend une telle ampleur. À l’origine de la crise, la fermeture à la mi-juillet d’une des principales décharges qui dessert la capitale. À cela s’ajoute l’arrivée à échéance du contrat de la compagnie privée Sukleen, dirigée par un proche de la famille Hariri et qui a le monopole du marché de la gestion des déchets.

Un « réveil » citoyen qui prend de l’ampleur

Au fil des semaines, les revendications des manifestants ont évolué. Scandalisés en premier lieu par l’arrêt du ramassage des ordures et les problèmes sanitaires que cela entraîne, certains en appellent désormais à la démission du gouvernement.

« Nous sommes fiers que les Libanais descendent dans la rue, comme un réveil », raconte Stéphanie, une jeune femme de 24 ans qui a participé à la manifestation. Comme la plupart des manifestants, c’est une jeune activiste, sans affiliation politique. Pour elle, il est clair que « le mouvement prend de l’ampleur ».

« Ça devait arriver un jour ou l’autre » car aujourd’hui, « absolument rien ne fonctionne » au Liban, explique-t-elle, pointant du doigt les coupures fréquentes d’eau et d’électricité. Toutefois, Stéphanie avoue avoir été « très surprise » d’entendre parmi les rangs des protestataires de jeunes gens scandés « des slogans révolutionnaires ».

Des services publics en état de délabrement

Le mauvais fonctionnement des services publics n’est pas seul mis en cause. Depuis plus d’un an le pays est privé de président, et le Parlement ne se réunit plus. Paralysé depuis plusieurs mois, le gouvernement d’union nationale est incapable de prendre une décision, et ce dans un contexte sécuritaire dégradé par la menace que fait peser la crise syrienne sur le Liban où près d’un million et demi de Syriens se sont réfugiés.

Le Premier ministre, Tammam Salama, reconnaît que c’est la « goutte d’eau » qui fait déborder le vase. En attendant le prochain conseil des ministres qui devrait se pencher sur ce dossier, le chef du gouvernement  s’est dit « disposé à écouter les manifestants ».

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