Elections

RDC : trois ans de prison ferme requis contre quatre militants de Lucha

Une manifestation organisée par Lucha à Goma, le 13  avril 2014.

Une manifestation organisée par Lucha à Goma, le 13 avril 2014. © Facebook / Lucha

Trois ans de prison ferme ont été requis vendredi à Goma contre quatre activistes du mouvement Lutte pour le changement (Lucha), accusés d’incitation à la désobéissance. Le jugement sera au plus tard connu le 11 septembre.

Il s’agit de la peine la plus lourde que le ministère public pouvait requérir. Selon la loi congolaise, l’incitation à la désobéissance est en effet passible de deux mois à trois ans de prison.

Ces réquisitions ne surprennent pas Éric Sadiki, l’un des avocats des accusés, qui déplore un dossier « politisé ». Ce qu’a également dénoncé le mouvement Lucha sur son compte Twitter :

Débat autour d’un accusé de réception

Lors des plaidoiries au tribunal de grande instance, les deux parties se sont renvoyées la balle. La défense a souligné que ses clients n’avaient pas violé la loi congolaise qui stipule que, pour toute manifestation, les organisateurs doivent simplement avertir les autorités. De son côté, le ministère public a souligné que la défense n’avait pas présenté de preuves assez solides pour prouver que Lucha avait bien averti les autorités.

Le juge a quant à lui relevé qu’il manquait un accusé de réception sur la lettre que le mouvement dit avoir déposée. La secrétaire du maire, qui aurait pu infirmer ou confirmer la version de Lucha, ne s’est finalement pas présentée à la barre.

Climat tendu à l’approche des élections 

Les quatre militants avaient été arrêtés en avril à Goma. Leur tort : avoir demandé la libération des militants arrêtés mi-mars à Kinshasa, ainsi que le respect des libertés publiques. Le 15 mars, une trentaine de personnes avaient été arrêtées dans la capitale congolaise lors d’une réunion d’échange sur la bonne gouvernance en Afrique.

Depuis, seuls Fred Bauma, de Lucha, et Yves Makwambala, webmaster et graphiste du groupe Filimbi, sont restés en détention. Leur procès pour atteinte à la sûreté de l’État, aujourd’hui suspendu, s’est ouvert le 12 juin dans un climat délétère.

À l’approche d’une série d’élections devant s’achever par la présidentielle prévue en novembre 2016, le climat politique s’est en effet tendu dans le pays. L’opposition craint en effet que Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, ne brigue un troisième mandat.

 

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