Elections

Centrafrique : évasion spectaculaire du secrétaire général du parti de François Bozizé

François Bozizé, ex-président centrafricain. © Ben Curtis/AP/SIPA

Incarcéré depuis un peu moins d'une semaine, Bertin Béa, le secrétaire général du Kwa Na Kwa (le parti de l'ancien président François Bozizé), a été libéré par ses propres partisans jeudi à Bangui.

Ghislain Grésenguet n’en revient toujours pas. Jeudi 20 août, le procureur de la République de Bangui a vu Bertin Béa lui filer entre les doigts.  À la mi-journée, le secrétaire général du Kwa Na Kwa (le parti de l’ancien président François Bozizé) est présenté au parquet qui lui signifie ses chefs d’accusation. Visé par une enquête pour incitation au trouble et à l’ordre public, Bertin Béa apprend en présence de son avocat que son dossier a été transmis au doyen des juges d’instruction, et qu’il va être mis sous mandat de dépôt à la Maison d’Arrêt de Ngaragba.

À l’extérieur du palais de justice de Bangui, situé dans le 8e arrondissement, la tension monte. Des partisans du KNK et certains anti-balaka commencent à se rassembler – ils seront au maximum une centaine – et se montrent de plus en plus menaçants au point que, vers 16 heures, le procureur de la République de Bangui doit être exfiltré.

La suite est très confuse. Malgré la présence d’éléments de la Minusca, de la gendarmerie et de la police, plusieurs militants parviennent à pénétrer dans le palais de justice et s’empare de Bertin Béa dans le bureau du juge d’instruction. Le secrétaire général du KNK est conduit à la cathédrale de Bangui où il passera la nuit.

Complicité des forces de l’ordre ?

Ghislain Grésenguet dénonce « une défaillance, voir une complicité des forces de l’ordre » et appelle Bertin Béa « à se mettre à la disposition de la justice ».

Le secrétaire général du KNK avait été arrêté le 15 août à l’aéroport de Bangui M’poko alors qu’il s’apprêtait à prendre son vol à destination de Paris où il devait assister aux obsèques d’une proche. Son passeport lui avait été retiré. Il était depuis détenu à la section recherches et investigations (SRI) de la gendarmerie.

La justice lui reproche d’avoir tenu des propos qualifiés d’incitation au trouble et à l’ordre public. Le 7 août, il avait annoncé la candidature de François Bozizé à la présidentielle prévue en octobre. « Aucune campagne électorale ne peut être dirigée de l’étranger et François Bozizé va rentrer au pays, nous ferons tout ce qui est dans notre pouvoir pour qu’il revienne », avait-il déclaré.

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