Droits de l’homme

Soudan du Sud : un journaliste assassiné à Juba après des menaces de Salva Kiir

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 21 août 2015 à 09h58
Des proches du journaliste Peter Moi transportent son cercueil près de la morgue, le 20 août 2015 à Juba.

Des proches du journaliste Peter Moi transportent son cercueil près de la morgue, le 20 août 2015 à Juba. © AFP/Charles Atiki Lomodong

Peter Moi, reporter sud-soudanais du quotidien indépendant New Nation, a été abattu mercredi soir à Juba par des inconnus, après avoir quitté son travail.

La police n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat concernant ce meurtre. En revanche à Washington, le porte-parole du département d’État, John Kirby, s’est déclaré « très préoccupé » et a réclamé aux « autorités sud-soudanaises une enquête rapide et minutieuse ».

Ce meurtre intervient quelques jours après que le président sud-soudanais Salva Kiir eut publiquement menacé de « tuer » les journalistes « travaillant contre le pays ».

« La liberté de la presse ne signifie pas que vous pouvez travailler contre le pays », avait-il lancé à des journalistes à l’aéroport de Juba, où il embarquait à destination de la capitale éthiopienne Addis Abeba pour d’ultimes pourparlers en vue de mettre fin à la guerre civile qui ravage le Soudan du Sud depuis 20 mois.

« Si certains d’entre vous (journalistes) ne savent pas que ce pays a déjà tué des gens, nous allons le démontrer un jour », avait menacé le chef de l’État, des propos rapportés par le Comité de Protection des journalistes (CPJ).

Climat d’intimidation

Selon le CPJ, citant des journalistes locaux, ces menaces répondaient à des critiques sur le caractère stérile et interminable des négociations d’Addis Abeba.

Les organisations de défense de la liberté de la presse ont mis en garde à plusieurs reprises contre le climat d’intimidation qui règne au Soudan du Sud et la volonté de tuer dans l’œuf tout débat sur les moyens de mettre fin à la guerre civile, marquée par de nombreux massacres et atrocités, qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Début août, les forces de sécurité avaient fait fermer deux journaux et une radio, leur reprochant selon des journalistes, d’avoir fait campagne pour l’accord de paix, signé lundi à Addis Abeba par les rebelles mais pas par M. Kiir et que le gouvernement a depuis qualifié de « capitulation » inacceptable.

 

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