Sécurité

Casques bleus accusés de viols en Centrafrique : la RDC promet des poursuites contre ses soldats

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Mis à jour le 20 août 2015 à 20h09
Les troupes de la Minusca en Centrafrique.

Les troupes de la Minusca en Centrafrique. © AFP

Trois Casques bleus congolais de la Minusca seraient impliqués dans trois nouveaux cas de viols en Centrafrique. Informé, le ministre congolais de la Justice a promis jeudi d’« engager des poursuites » à leur encontre. Mais l’armée congolaise refuse de croire à la culpabilité de ses éléments présents sur le territoire centrafricain.

C’est une affaire qui risque de faire désordre à Kinshasa. Au lendemain de l’annonce des trois nouveaux cas de viols à Bambari, au nord-est de Bangui, lesquels impliqueraient trois Casques bleus appartenant au contingent de la RDC, Alexis Thambwe Mwamba, ministre congolais de la Justice, a indiqué à l’AFP qu’il a « donné injonction aujourd’hui même [jeudi 20 août] au général [Joseph] Ponde, auditeur général des forces armées, pour engager des poursuites sur la base du dossier que l’ONU mettra à notre disposition ».

Et d’ajouter : « La RDC ne pouvait pas tolérer de tels actes, et que les militaires concernés seraient rapatriés et jugés devant une cour militaire. »

« Pressions pour garder le silence »

À en croire une notification du secrétariat de l’ONU daté du 18 août, que l’AFP a pu consulter, « ces trois membres du contingent militaire congolais ont chacun eu des relations sexuelles avec deux jeunes femmes, âgées de 18 et 19 ans, ainsi qu’avec une mineure âgée de 15 ans, et qu’elles auraient subi des pressions pour garder le silence ».

Le document précise que deux Congolais auraient reconnus les faits et payé dans un cas 100 000 F CFA (environ 152 euros) et dans l’autre 250 000 F CFA à la mère des deux filles les plus âgées – dont l’une est enceinte, tandis que l’autre a dit avoir eu des rapports […] consensuels.

Le secrétariat souligne que la présente affaire est la quatrième du genre pour le contingent et avertit que des sanctions pourraient tomber si de tels incidents étaient à nouveau signalés ou si la RDC n’y mettait pas fin.

Une source proche du dossier à Kinshasa a déclaré à l’AFP qu’une délégation partirait bientôt en Centrafrique pour enquêter, même si la RDC préférait des investigations indépendantes pour éviter toute contestation.

L’armée refuse de croire à l’implication de ses soldats

En attendant, le général Léon Kasonga, porte-parole des Forces armées de la RDC (FARDC), a rejeté d’emblée toute implication des troupes congolaises qui participent à la Minusca à ces nouveaux cas de viols. « C’est une mauvaise publicité pour tenter de salir l’image de nos soldats afin d’affaiblir la mission onusienne de maintien de la paix », a-t-il juré à Jeune Afrique.

« C’est du droit du ministre de s’exprimer ainsi. Mais je maintiens que nos militaires ne sont pas impliqués dans cette affaire de viols en Centrafrique », a martelé l’officier.

Mais dans un rapport d’enquête daté du 18 août, que l’AFP a également pu consulter, le contingent congolais en Centrafrique souligne que ses trois hommes sont « victimes d’un montage orchestré par l’oncle des trois jeunes filles, qui a depuis démenti ses mensonges ».

S’il est avéré qu’il s’agit bien de soldats congolais, la RDC aura 10 jours pour entamer des enquêtes. Sinon, c’est l’ONU elle-même qui s’en chargera.

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