Politique

Mali : une zone de sécurité instaurée à Kidal après des combats meurtriers entre groupes armés

La Minusma a annoncé l’établissement à compter de mardi d’une « zone de sécurité » autour de la ville de Kidal, dans le nord du Mali. Une décision prise après que des combats entre un groupe armé progouvernemental et la rébellion à dominante touareg ont fait plusieurs tués lundi.

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Mis à jour le 18 août 2015 à 10:10

Des soldats maliens, le 13 août 2015 à Bamako. © Habibou Kouyaté / AFP

« Pour parer à toute éventualité d’une extension des combats qui pourraient affecter la population » de Kidal, la mission de l’ONU au Mali (Minusma) a annoncé l’établissement d’ « une zone de sécurité de 20 km autour » de cette ville. Une mesure qui « entrera en vigueur à partir » de mardi 18 août 08h00 (locales et GMT) et (qui) le restera jusqu’à nouvel ordre ».

« Tout mouvement à l’intérieur de cette zone de sécurité par des éléments de la Plate-forme, ou affiliés à la Plate-forme, sera considéré comme constituant un danger imminent pour la sécurité de la population de la ville de Kidal », a expliqué la Minusma, avertissant qu’en cas de violation, elle « agira en conséquence conformément à son mandat » de protection des civils.

Selon une source de sécurité étrangère dans la région de Kidal, « cela veut dire que la Minusma empêchera par tous les moyens toute personne » membre de groupes pro ou anti-gouvernementaux « de pénétrer dans cette zone ». Une source occidentale jointe à Bamako a évoqué à l’AFP « une sorte de zone d’exclusion », sans plus de détails.

« Violation du cessez-le-feu »

La Minusma a également annoncé qu’elle mènera des enquêtes « pour déterminer les responsabilités en matière de violation du cessez-le-feu » dont les conclusions seront transmises au Conseil de sécurité de l’ONU.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) et le Groupe d’auto-défense touareg imghad et alliés (Gatia, pro-Bamako) étaient impliqués, lundi, pour le troisième jour consécutif dans des violences autour de la ville de Kidal, fief de la CMA à plus de 1 500 km au nord de Bamako, la capitale).

Le Gatia et la CMA font partie des signataires de l’accord de paix conclu à Alger, signé le 15 mai par le gouvernement malien et ses groupes alliés, puis le 20 juin par la rébellion. Selon des sources au sein de la Minusma, ils avaient déjà été impliqués dans des « escarmouches » samedi vers Touzik et Amassine, puis les heurts s’étaient déplacés dimanche sur l’axe Tabankort-Anéfis, deux localités situées au sud de Kidal.

« Au moins dix morts »

Les affrontements de lundi, les plus violents, se sont déroulés à Anéfis (environ 120 km de Kidal) et ont fait « au moins dix morts et de nombreux blessés », selon une source sécurité au sein de la Minusma.

Un responsable du Gatia, Fahad Ag Almahmoud, a assuré que son mouvement a fait « 15 morts dont des chefs militaires » et « une dizaine de prisonniers » dans le camp adverse. Il a ajouté que le Gatia a saisi sept pick-up, deux véhicules blindés et d’importantes quantités d’armes et de munitions, et pris le contrôle d’Anéfis, ce qui a été confirmé à l’AFP par un élu local et une source internationale.

La CMA a confirmé les combats, sans énoncer de bilan, promettant un communiqué ultérieurement. Selon la source de sécurité étrangère dans la région de Kidal, les deux camps ont utilisé lundi « de l’armement lourd » et semblaient mus par le désir de contrôler des routes stratégiques particulièrement durant la saison des pluies, actuellement en cours.

En cette période, « de nombreuses routes sont impraticables dans le Nord pour l’organisation des trafics illicites. L’une des rares routes praticables se trouve vers le secteur » des combats, a-t-elle expliqué.