Économie

Maroc : les douanes saisissent des actifs du raffineur Samir

Alors qu’elle connaît de très importantes difficultés financières, que son titre a été suspendu de la cote et que certaines de ses unités de production ont été arrêtées, le raffineur marocain a vu ses actifs saisis par l’administration douanière marocaine en raison de charges impayées estimées à 13 milliards de dirhams (1,2 milliard d’euros) selon la presse locale.

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Mis à jour le 14 août 2015 à 12:51

À Mohammedia (Casablanca-Settat), la Samir, seule raffinerie du royaume, est à l’arrêt depuis 2015. © Samir

L’Administration des douanes et impôts indirects du Maroc a saisi plusieurs actifs de la Samir (Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage), l’unique raffinerie du pays, en raison de taxes et de charges impayées, selon une source interne à l’entreprise citée par Reuters le jeudi 13 août. Les impayés réclamés au raffineur atteindraient 13 milliards de dirhams (1,2 milliard d’euros) selon le site d’information marocain La Vie Éco.

Difficultés

La société, qui habituellement raffine plus de 150 000 barils par jour, connaît d’importantes difficultés financières. Durement affectée par la chute des cours du brut, la Samir a enregistré en 2014 une perte record estimée à plus de 3,4 milliards de dirhams (350 millions de dollars). Fin 2014, sa dette était estimée à plus de 24 milliards de dirhams selon l’entreprise et son déficit de trésorerie à 11 milliards de dirhams, rapporte Reuters.

La situation financière du raffineur marocaine perturbe son approvisionnement et l’a obligée début août à arrêter certaines des unités de production de sa raffinerie de Mohammedia, près de Casablanca. Suite à cette annonce, le titre de la Samir a été suspendu de la cote à la Bourse de Casablanca. Le cours de l’entreprise a plongé d’environ 50 % depuis le début de l’année. 

Restructuration

La décision de l’administration marocain intervient deux jours après que l’entreprise a indiqué envisager une augmentation de capital dans le cadre d’un plan de restructuration.

L’arrêt total des activités de raffinage de Samir obligerait le Maroc à importer l’ensemble de ses besoins en carburants estimés à 300 000 barils par jour, soit la cinquième plus grosse consommation du continent selon les statistiques de l’administration américaine. 

La Samir, contrôlée par le holding saoudien Corral Petroleum de l’entrepreneur Mohammed Al Amoudi (2e fortune d’Arabie saoudite), assure toutefois que la situation reste sous contrôle puisque le pays disposerait de réserves pour 6 mois environ. Le raffineur marocain a d’ailleurs indiqué que ses activités de raffinage pourraient reprendre normalement dès la réception de 2 millions de barils dont la livraison par cargo est prévue entre le 15 et le 18 août.