Elections

Centrafrique : François Bozizé mise sur un retour par les urnes

François Bozizé, ancien chef d'État de la Centrafrique.

François Bozizé, ancien chef d'État de la Centrafrique. © Ben Curtis/AP/SIPA

Exilé en Ouganda, François Bozizé, l’ancien président centrafricain renversé en 2013, ne se résigne pas à abandonner la scène politique. Son parti l’a désigné samedi candidat à la prochaine présidentielle, prévue le 18 octobre.

Il s’en disait persuadé à Jeune Afrique dès août 2013 : « Tôt ou tard, je reviendrai ». Plus de deux ans après avoir été renversé, François Bozizé n’en démord pas et il croit encore en la possibilité de faire un retour triomphal à Bangui. Mais c’est dans les urnes, et non plus dans les armes, qu’il semble désormais avoir placé tous ses espoirs. Pour preuve, son parti, le Kwa Na Kwa, a tenu son congrès à Bangui, samedi 8 août, et l’a désigné officiellement candidat à la présidentielle fixée fixée le 18 octobre 2015.

« Aucune campagne électorale ne peut être dirigée de l’étranger et François Bozizé va rentrer au pays, nous ferons tout ce qui est dans notre pouvoir pour qu’il revienne », affirmait lundi à Reuters Bertin Bea, la secrétaire général du Kwa Na Kwa. « Deux ans et demi se sont écoulés et je pense que le peuple centrafricain a su faire la différence entre ce qui existait en mon temps et ce que nous constatons aujourd’hui », disait le lendemain l’ex-chef d’Etat sur l’antenne de RFI pour justifier son éventuelle candidature.

Le prix de l’obstination

Contraint par les rebelles de la Séléka de quitter le palais de la Renaissance, le 24 mars 2013, Bozizé vit désormais en exil à Kampala, la capitale ougandaise, où l’a accueilli l’un de ses derniers soutiens, Yoweri Museveni. Et pour avoir une chance de participer au scrutin présidentiel, il devra franchir deux obstacles de taille. Il y a d’abord les sanctions – gel de ses avoirs et interdiction de voyager – prises contre lui le 9 mai 2014 par les Nations Unies, qui lui reprochent d’avoir « apporté un appui matériel et financier à des miliciens [anti-balaka, NDLR] qui s’emploient à faire dérailler la transition en cours et à le ramener au pouvoir. »

Puis il y a le mandat d’arrêt international émis contre lui par la justice centrafricaine, notamment pour détournements de fonds. « Ce n’est pas normal de me mettre à l’écart (…) pourquoi m’empêcher de rentrer chez moi pour apporter ma contribution à la paix ? », a réagi l’intéressé mardi sur RFI.

Même s’il rentrait au pays, son dossier de candidature risquerait donc de faire les frais de la procédure judiciaire enclenchée contre lui. Plus grave : si les dossiers que la Cour pénale internationale (CPI) instruit à la demande de Catherine Samba-Panza, la président de la transition, sont jugés assez solides, Bozizé pourrait être extradé vers La Haye. Une menace déjà appliquée sous d’autres cieux contre un autre ancien président africain, lui aussi renversé… Suffira-t-elle à dissuader l’ancien putschiste de rejoindre les rives de l’Oubangui  ?

 

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