Société

Une journée « Tel-Aviv sur Seine » à Paris provoque la polémique

La Mairie de Paris mettra à l’honneur jeudi la ville israélienne de Tel-Aviv sur les quais aménagés comme tous les ans en plage. Une manifestation est prévue le même jour pour dénoncer l’événement.

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Mis à jour le 10 août 2015 à 16:39

Paris Plages mettra Tel-Aviv à l’honneur jeudi 13 août 2015. © Miguel Medina/AFP

Les esprits s’échauffent à l’approche d’une journée « Tel-Aviv sur Seine » prévue jeudi 13 août à Paris. Malgré les critiques et les pressions, la mairie refuse d’annuler l’événement.

Des opposants font valoir un contexte particulièrement mal choisi, après la mort d’un bébé palestinien brûlé vif dans un attentat perpétré par des colons israéliens. Une pétition en ligne, signée par plus de 14 000 personnes, réclame également son annulation.

Les élus communistes vent debout 

La première salve politique a été tirée par une élue de Paris, Danielle Simonnet (Parti de gauche), qui dénonce le cynisme et « l’indécence » d’une telle journée. Invitée de la radio France Inter, l’élue a dit craindre que la manifestation dégénère et a demandé aux autorités municipales d’annuler ou de réorganiser la manifestation. Une demande suivie par les élus d’extrême gauche.

« Tel Aviv, c’est pas Copacabana. Tel Aviv, c’est la capitale d’Israël », a-t-elle insisté, estimant qu’il s’agirait pour le gouvernement israélien, [d’] »une belle opération de com que la ville [de Paris] lui sert sur un plateau ».

La Mairie de Paris campe sur ses positions 

La Mairie de Paris maintient jusqu’à nouvel avis le rendez-vous du 13 août sur les bords de Seine. « Nous n’annulerons pas cette manifestation car ce serait donner raison aux plus radicaux », a répété lundi le premier adjoint, Bruno Julliard. « Ceux qui refusent ce partenariat sont les mêmes qui appellent au boycott global d’Israël. Nous, nous ne voulons pas punir une population et des villes qui œuvrent pour la paix. »

« Ce partenariat s’est construit en mai, lors des voyages d’Anne Hidalgo dans des villes israéliennes et palestiniennes », a-t-il rappelé, soulignant que la capitale française souhaite renforcer les échanges entre Paris et des villes tant d’Israël que de Palestine.

Une manifestation prévue jeudi 

L’association CAPJPO-Europalestine (Coordination des appels pour une paix juste au Proche-Orient) a appelé lundi 10 août à manifester « toute la journée » de jeudi 13 août « si cet événement obscène n’est pas annulé », afin de « dénoncer sur les berges de Paris Plages cette scandaleuse propagande » de l’ »État terroriste » d’Israël.

« Pas question de laisser un tel événement immoral se dérouler dans cet espace public! », a lancé l’association dans un communiqué, en assurant qu’ »il ne s’agit pas de religion mais de défense du droit international, des droits de l’Homme et de dignité humaine ».

À droite, le député des Républicains (ex-UMP, le parti de Nicolas Sarkozy) Eric Ciotti a dénoncé une polémique aux relents antisémites, accusant l’extrême gauche parisienne. Danielle Simonnet a aussitôt jugé « hallucinant qu’à partir du moment où vous exprimez une critique sur le gouvernement de l’État d’Israël, tout de suite vous vous faites taxer d’antisémitisme ».