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Économie

Robin Colgan, Jaguar Land Rover : « Nos ventes ont décollé »

Mis à jour le 9 octobre 2012 à 09:16

Cet Anglais de 43 ans pilote l’activité des deux marques britanniques en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et au Pakistan. Depuis leur rachat par Tata, elles connaissent une forte croissance en Algérie et au Maroc.

Jeune Afrique : Que représente le marché nord-africain pour Jaguar et Land Rover ?

Robin Colgan : En 2008, quand je suis arrivé à la tête de la région, nous vendions à peine 300 véhicules par an en Algérie et 200 au Maroc. Aujourd’hui, nous prévoyons plus de 1 000 ventes dans chacun de ces pays, avec un total de 2 800 en Afrique du Nord cette année. Nous écoulons encore peu de véhicules en Tunisie et en Égypte en raison des droits de douane élevés. Mais nous espérons que les nouvelles autorités feront évoluer les réglementations.

Comment expliquez-vous votre belle progression au Maroc et en Algérie ?

Les attentes de ces deux marchés sont similaires à celles de l’Europe du Sud, avec une forte proportion de motorisations diesels. Les véhicules de loisir tout-terrain (SUV compacts) sont très demandés. Land Rover est très bien positionné sur le haut de gamme de ce segment, avec une sobriété qui convient aux hommes d’affaires. Avant 2008, il nous manquait des motorisations diesels adaptées à la qualité médiocre du carburant. Dès que nos modèles en ont été pourvus, avec un turbo diesel 2,2 l, les ventes ont décollé en flèche.

Quels sont vos modèles les plus appréciés ?

Au Maroc, chez les particuliers, le Range Rover Evoque, lancé en janvier 2012, s’adjuge déjà la moitié de nos ventes, suivi du Range Rover Sport. Dans la gamme Jaguar, c’est la berline XF qui a le plus de succès. En Algérie en revanche, c’est le Freelander qui est en tête, avec 50 % des ventes, suivi du Range Rover Evoque (30 %). L’arrivée officielle de Jaguar dans le pays est prévue pour la fin de l’année.

Cliquez sur l'image.Qui distribue vos véhicules ?

En Afrique, nous travaillons avec des distributeurs locaux. Algérie Motors, Alpha International Tunisie et MM Group (en Égypte) commercialisent Land Rover. Au Maroc, le groupe Smeia distribue Land Rover, et la création de Jaguar Maroc a été accompagnée par un partenaire local [Omar Benjelloun, NDLR].

L’entité Jaguar Land Rover appartient à l’indien Tata. Y a-t-il des synergies avec votre maison mère ?

L’Inde est le seul pays où nous partageons des infrastructures avec Tata Motors [la branche automobile du groupe Tata], notamment logistiques. Ailleurs, nous n’avons pas d’autres relations que celles d’une filiale avec son actionnaire. Il n’y a pas de synergie opérationnelle en Afrique et ce n’est pas à l’ordre du jour.

Et entre Jaguar et Land Rover ?

Au siège, les deux marques sont gérées indépendamment. Elles n’ont été rassemblées au sein de la même entité qu’en 2002 [après leur rachat par Ford]. Mais dans chaque région, c’est une équipe commune qui élabore la stratégie commerciale et vient en appui aux distributeurs. Celle de la zone Afrique du Nord-Moyen-Orient-Pakistan [Menap] est basée à Dubaï et compte 40 personnes.

Sur quels nouveaux modèles comptez-vous pour doper vos ventes en Afrique du Nord ?

Cette année, Jaguar Land Rover a prévu d’investir 2 milliards de livres sterling [2,5 milliards d’euros] dans la recherche et le développement de nouveaux modèles. J’attends avec impatience le nouveau Land Rover Defender [attendu pour 2015], qui doit offrir une tenue de route exceptionnelle. Par ailleurs, nous avons lancé le développement de petites motorisations diesels encore plus efficaces, compatibles avec le carburant local. Je suis très optimiste sur notre avenir dans la région.

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