Société

Mercato : les gros paris de l’Olympique de Marseille

Mis à jour le 11 août 2015 à 12:23

Diaby, Diarra, Sarr, Nkoudou : quatre joueurs africains ou d’origine africaine sont venus renforcer le dispositif de Bielsa à l’OM pendant le mercato. © AP/SIPA/AFP/Montage J.A.

D’abord marqué par les départs de plusieurs cadres de l’équipe, le mercato estival de l’Olympique de Marseille s’est inversé, avec les arrivées de nombreux jeunes joueurs, dont plusieurs africains ou d’origine africaine.

On se souvient encore des premiers jours du mercato de l’OM : des joueurs importants qui s’en vont, des recrues pas assez glamour, un entraîneur – l’Argentin Marcelo Bielsa – absent lors de la reprise de l’entraînement et des supporters frustrés dont certains iront taguer les murs les murs du centre d’entraînement de la Commanderie pour y graver leur dépit.

« Il y a eu de l’agitation au début, mais aujourd’hui, les choses sont plus calmes », tempérait (avant l’annonce de la démission de Bielsa, samedi 8 août) l’ancien gardien international camerounais Joseph-Antoine Bell, qui a porté le maillot phocéen de 1985 à 1988. « L’OM reste un grand club, mais il n’a plus les mêmes moyens qu’avant. Et comme beaucoup d’autres, il doit vendre ou se séparer de gros salaires avant de recruter ».

Diaby et Diarra en manque de jeu

L’OM a ainsi économisé beaucoup d’argent en laissant partir Gignac et le Ghanéen André Ayew au Mexique (Tigres Monterrey) et en Angleterre (Swansea City). « Le départ d’Ayew est logique. Il fallait qu’il voie autre chose, après plusieurs années à Marseille », poursuit Bell.

Le club champion d’Europe 1993 a également récolté 36 millions d’euros en transférant au FC Porto son milieu d’origine congolaise, Gianelli Imbula (21 millions) et son attaquant réunionnais Dimitri Payet à West Ham (15 millions), mais sans dépenser jusqu’à aujourd’hui des fortunes pour renforcer l’effectif.

Surtout, il a recruté deux internationaux français d’origine ivoirienne et malienne, Abou Diaby et Lassana Diarra, qui ont très peu joué ces derniers mois. « Ce sont deux gros paris. Diaby a souvent été blessé depuis plusieurs mois. Ce n’est pas la qualité du joueur qui pose question, mais son physique. Diarra, lui, manque de compétition [il n’a pas joué depuis plus d’un an à cause d’un litige avec le Lokomotiv Moscou, son ancien club russe, NDLR]. Mais si cela fonctionne, on criera au génie », prévient Pierre Lechantre, l’entraîneur d’Al-Ittihad Tripoli (Libye) et ancien milieu de terrain de l’OM (1980-81).

Sarr et Nkoudou pour l’avenir

Ces deux arrivées, largement médiatisées, ont partiellement éclipsé celles du Franco-Guinéen Bouna Sarr (Metz), du Franco-Camerounais Georges-Kevin Nkoudou (Nantes), de Karim Rekik (Manchester City), le défenseur international néerlandais d’origine tunisienne, lui aussi très jeune (20 ans), et du milieu camerounais André-Franck Anguissa (20 ans), prêté la saison dernière par le Contonsport Garoua à Reims. «Les deux premiers sont d’abord des joueurs d’appoint, qui ne partiront pas avec un statut de titulaire mais qui vont progresser », annonce Lechantre.

« Sarr et Nkoudou sont des paris sur l’avenir, pronostique Bell. Comme Marseille n’a plus la même assise financière que par le passé, ce sont des joueurs qui, d’ici deux ou trois ans, pourront être revendus avec une intéressante plus-value ». « L’OM de cette saison va un peu manquer d’expérience. Mais c’est normal, puisque le club n’a plus forcément l’argent pour recruter des grandes stars. Il mise sur la jeunesse, l’avenir, prend des risques, comme avec Diaby et Diarra. On verra le résultat dans quelques mois », conclut-il. Et c’est vrai qu’une qualification pour la Ligue des Champions 2016-2017 ferait oublier aux supporters marseillais leurs inquiétudes du mois de juin…