Assurances

Portrait : Hassen Khelifati, assureur militant

Né le 6 octobre 1968, Hassen Khelifati est diplômé de l'ESC Alger. © Samir Sid

Hassen Khelifati, fondateur d'Alliance Assurances, la seule société privée du pays cotée en Bourse, est connu pour son dynamisme commercial. Mais aussi pour sa liberté de parole.

Hassen Khelifati incarne la nouvelle génération de patrons algériens. À bientôt 44 ans (il est né le 6 octobre 1968), il est depuis huit ans à la tête d’Alliance Assurances, le deuxième assureur privé du pays par le chiffre d’affaires, et la première – et toujours unique – entreprise privée cotée à la Bourse d’Alger (depuis 2011). « La décision d’introduire notre société en Bourse signifie que nous acceptons de travailler dans la transparence totale », explique le PDG.

C’est le rôle du chef d’entreprise d’alerter et de donner son avis sur les questions économiques.

Dans un pays où le secteur informel représente, selon les filières, entre 30 % et 60 % de l’économie, selon le Forum des chefs d’entreprise (FCE), Alliance Assurances veut indiquer la voie à suivre. « Je voulais montrer aussi qu’il existe des chefs d’entreprise capables de prendre leurs responsabilités dans le développement du pays », insiste M. Khelifati, dont la société est l’une des success-stories de ces dernières années en Algérie. « J’ai créé cette compagnie en décembre 2004. L’idée en est née lors d’une rencontre avec un agent d’assurance qui m’a proposé de créer une société dans ce secteur », explique-t-il.

Performances

Alliance Assurances, qui a lancé son activité commerciale en 2006, a réussi à se faire une place sur le marché local, pourtant largement dominé par le secteur public. Les performances opérationnelles ont également été au rendez-vous : son chiffre d’affaires est passé de 302,8 millions de dinars (3,1 millions d’euros) en 2006 à 3,9 milliards en 2011. « Nous avons enregistré un taux de croissance de 15 % en 2011 contre 7 % pour l’ensemble du secteur », précise M. Khelifati. Alliance Assurances détient désormais 5 % d’un marché dont le chiffre d’affaires était de 820 millions d’euros en 2011. Il emploie 450 salariés et compte plus de 300 000 clients.

Profil

– Né le 6 octobre 1968 à Meftah (wilaya de Blida), marié et père de deux enfants
– Diplômé de l’ESC Alger option finances, titulaire d’un DESS Banques-Assurances et d’un MBA en marketing obtenus au Québec
– Fondateur et PDG d’Alliance Assurances
– Candidat à la présidence de la FCE en novembre 2011

« On peut réussir en Algérie sans être soutenu par un général de l’armée ou un baron du régime. On peut réussir par le travail et la persévérance, seulement », affirme Hassen Khelifati. Ce quadragénaire résume sa méthode en trois points : « Croire au marché local, être dynamique et rester en permanence à l’écoute de l’environnement, la société. »

La recette du succès d’Alliance Assurances ? Développer des produits à forte valeur ajoutée et innovants pour l’Algérie, comme le dépannage des véhicules, et réduire au minimum les délais de remboursement des sinistres, souvent très longs chez les assureurs publics. Confiant, le dirigeant ambitionne de faire de sa compagnie la préférée des Algériens à l’horizon 2015. « L’objectif est d’atteindre 10 % de part de marché en 2015 avec un chiffre d’affaires de 8 milliards de dinars, et 20 % en 2020 avec un chiffre d’affaires de 25 milliards de dinars. »

Steve Jobs

Quand il ne travaille pas, ce père de deux enfants issu d’une famille d’entrepreneurs de la région de Meftah (près d’Alger) aime lire – même si les sujets restent très liés à son activité professionnelle. « Je lis beaucoup sur les expériences des grands chefs d’entreprise comme Issad Rebrab [président du conseil d’administration de Cevital, premier groupe privé du pays, NDLR] ou Steve Jobs [l’emblématique patron d’Apple]. »

Diplômé en finance de l’École supérieure de commerce (ESC) d’Alger et titulaire d’un MBA en marketing décroché au Québec, membre du FCE et du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), Hassen Khelifati intervient souvent dans le débat économique en Algérie. Parfois critique à l’égard du gouvernement, il assume : « Mes remarques sont constructives, et je pense que c’est le rôle du chef d’entreprise d’alerter et de donner son avis sur les questions économiques. J’aime aussi mon pays. »

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