Économie

Nigeria : la Banque centrale interdit les dépôts en devises étrangères

Désormais seuls les virements bancaires en devises étrangères sont autorisés. Une décision censée endiguer les flux financiers illicites, mais aussi limiter la « dollarisation » de l’économie nigériane.

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Mis à jour le 6 août 2015 à 13:12

Le dollar américain s’échange contre plus de 300 nairas sur le marché noir, loin du taux officiel fixé à 197 nairas pour un dollar. © Akintunde Akinleye / Reuters

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a indiqué le mercredi 5 août avoir interdit aux banques commerciales d’accepter les dépôts en espèces en devises étrangères afin d’endiguer les flux financiers illicites, rapporte Reuters. Plusieurs banques commerciales avaient déjà commencé, de leur proche chef, à limiter ou interdire de tels dépôts la semaine dernière en raison du manque de guichets à même d’absorber de telles liquidités.

« Pour lever toute ambiguïté, seuls les virements bancaires vers et à partir de comptes dédiés [domiciliary accounts] sont désormais autorisés, » a ajouté la Banque centrale du Nigeria, poursuit la même source. Dans le système bancaire nigérian, les domiciliary accounts permettent à un individu ou à une entreprise de transférer et de recevoir directement des fonds en livres sterling, en euros ou en dollars…

Selon Ugo Okoroafor, conseiller en communication du gouverneur de la banque centrale, la décision de la CBN entend également freiner la « dollarisation croissante » de la première économie africaine, rapporte Reuters.

 

Dévaluation

La monnaie nigériane, le naira, a perdu environ 15 % par rapport au dollar américain au cours de l’année écoulée, avec une dévaluation officielle en novembre et une autre dévaluation de facto en février. En juillet, le naira s’échangeait à 240 unités pour un dollar américain sur le marché noir, contre un taux officiel de 197 nairas pour un dollar.

Le mois dernier, Godwin Emefiele, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, a toutefois affirmé qu’à son cours actuel le naira était à « un niveau de prix approprié ».

(Avec Reuters)