Économie

Maroc : le raffineur Samir suspendu de la Bourse de Casa

Lourdement endettée et durement affectée par le recul des cours du pétrole, la Samir annonce l’arrêt de certaines unités de production. Les titres du groupe marocain ont été suspendus de la Bourse de Casablanca.

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Mis à jour le 6 août 2015 à 16:49

À Mohammedia (Casablanca-Settat), la Samir, seule raffinerie du royaume, est à l’arrêt depuis 2015. © Samir

Dans un communiqué publié le 05 août, la Société marocaine de raffinage (Samir) annonce que « l’approvisionnement de la raffinerie en pétrole brut enregistrera un retard en raison de la situation sur le marché international et des difficultés financières de la société ».

L’opérateur marocain indique que « ce retard entraînera l’arrêt de certaines unités de production », mais assure que « les livraisons de la société en produits raffinés continueront en fonction des stocks disponibles et ce jusqu’à la reprise totale des unités de production prévue vers mi-août ».

Dans un communiqué publié ce jeudi 06 août, le Conseil déontologique des valeurs mobilières, gendarme du marché boursier marocain, indique que « la cotation des titres de
capital de la société SAMIR est suspendue à partir du 06/08/2015, et ce en attente de publication
d’informations importantes ».

Difficultés

Le groupe marocain traverse une période difficile. En 2014, la Samir a enregistré un résultat net négatif de 3,42 milliards de dirhams (environ 349,7 millions de dollars) contre un bénéfice net de 320 millions de dirhams en 2013 [PDF]. Une perte record due en partie à la « dévalorisation significative de ses actifs détenus en stock » en raison de la chute des prix du pétrole et qui a contribué à hauteur de 3,029 milliards de dirhams aux pertes du groupe marocain.

Ce résultat négatif tient également à un recul marqué du volume de vente (-5 %) en raison de la « baisse significative de la demande en fuel industriel destiné à la production d’électricité ».

L’an dernier, la Samir a enregistré un chiffre d’affaires de 44,04 milliards de dirhams, en recul de plus de 10 % par rapport aux 49,1 milliards de dirhams enregistrés un an plus tôt.

Confronté à ces difficultés et à un fort niveau d’endettement (supérieur à 400 % à la fin de l’année 2013), Samir mise sur un plan de financement qui sera déployé au second semestre 2015 et va mettre en place un plan d’économies de 2,5 milliards de dirhams sur les cinq prochaines années.