Immigration

France : des migrants s’enferment dans leur centre pour dénoncer leurs conditions d’hébergement

Des migrants se réunissent dans une chambre de leur centre d'hébergement Emmaüs, le 4 août 2015 à Vincennes, Paris.

Des migrants se réunissent dans une chambre de leur centre d'hébergement Emmaüs, le 4 août 2015 à Vincennes, Paris. © Alain Jocard/AFP

Une cinquantaine de migrants ont bloqué l’accès à leur centre d’hébergement de Paris, mardi matin, pour dénoncer leurs conditions d’accueil qu’ils comparent à la prison.

Ces migrants, en majorité érythréens et soudanais, sont hébergés depuis juin dans un centre de Vincennes, à l’est de Paris, après avoir été évacués de plusieurs campements de la capitale. Très tôt mardi 4 août, ils ont bloqué l’accès du bâtiment aux travailleurs sociaux d’Emmaüs afin d’alerter sur leurs conditions d’hébergement qui « ressemblent à des conditions de détention », selon un communiqué transmis par le comité de soutien La Chapelle en lutte.

« Une solution pour nous (sic) problèmes », « nous voulons que le gouvernement prenne conscience de notre situation », pouvait-on lire sur des banderoles accrochées à la grille d’entrée du centre.

Le nombre de migrants clandestins est en constante augmentation en France. Ils sont quelque 188 000 à avoir réussi à atteindre l’Europe via la mer Méditerranée depuis le début de l’année.

« On dirait une prison »

Dans ce centre, les griefs des migrants sont nombreux. « Il n’y a aucun moyen de laver ses affaires, pas même une bassine et de l’eau ; un savon est divisé entre vingt personnes. La nourriture est mauvaise et insuffisante. Tous les jours, nous sommes contraints de frauder parce que le centre ne nous fournit pas de titres de transport », détaillent-ils.

Ce centre d’hébergement est entouré de grillages et de barbelés. Il a été construit dans les locaux d’un ancien centre de rétention destiné aux clandestins, afin d’accueillir des SDF, de novembre à juin.

« On dirait une prison », lance Abdallah, un migrant originaire d’Érythrée. « On accepte la situation car c’est mieux qu’être à la rue, mais ici il n’y a rien », dit-il en pointant les barreaux fixés aux fenêtres de sa chambre et les lits vissés au sol.

Manque de suivi administratif

Les migrants dénoncent aussi le manque de suivi de leur dossier administratif. « On nous avait promis qu’on nous aiderait dans nos démarches, mais personne ne nous aide », poursuit Abdallah, malgré les promesses faites aux migrants lors de leur évacuation des campements.

Les démarches administratives « relèvent de la compétence et du financement de centres d’asile », s’est défendue Aurélie El Hassak-Marzorati, directrice générale adjointe d’Emmaüs Solidarité, venue sur place. « Notre travail, c’est la mise à l’abri de ces personnes : faire en sorte qu’elles puissent dormir avec un toit au-dessus de leur tête », a-t-elle expliqué.

Des visites ont lieu toutes les semaines afin de s’assurer du suivi des dossiers, assure la chargée du dossier à la préfecture d’Île-de-France. « Le plan gouvernemental lancé en juin ne se résume pas à des mises à l’abri mais aussi à un accompagnement individuel », a-t-elle expliqué en ajoutant que 1 300 places d’hébergements ont été ouvertes depuis début juin.

 

 

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