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Algérie : MDI Business School voit plus grand

Par Jeune Afrique  | 

Leader en Algérie, l'école de management va construire un établissement prévu pour 1 200 étudiants. Elle veut attirer des élèves de toute l'Afrique francophone.

Pour la première fois depuis sa création en 1996, MDI Business School accueille des étudiants étrangers. Trois Chinois, deux Tunisiens, un Camerounais et un Égyptien. « Parmi eux, nous avons une étudiante qui vient de Tunis pour suivre un MBA. Les autres travaillent tous en Algérie dans des filiales de groupes étrangers », précise Brahim Benabdeslem, directeur général et fondateur de l’école privée algérienne de management, qui voit dans cette évolution un début de conquête des marchés nord-africain et subsaharien.

Cliquez sur l'image.Leader en Algérie, MDI Business School ambitionne en effet de devenir une école de dimension régionale. « Nous avons le potentiel pour être une destination des étudiants des États voisins : Sénégal, Mali, Niger, Tchad, Mauritanie. Ces pays envoient des centaines d’étudiants en Tunisie et au Maroc », affirme Brahim Benabdeslem qui, avant de créer MDI, fut chargé de cours à l’École supérieure de commerce (ESC) d’Alger et consultant.

Insertion

L’établissement cultive déjà une dimension internationale à travers son partenariat avec les universités françaises de Lille-I et Paris-Dauphine, l’IAE Paris (rattaché à l’université Panthéon-Sorbonne) et Grenoble École de management. Il propose deux types de formations. L’une est destinée aux manageurs et cadres d’entreprises qui veulent obtenir un MBA. Facturée 1 million de dinars (plus de 9 600 euros) par an pour chaque candidat, elle dure dix-huit mois. L’autre est réservée aux étudiants ayant terminé un premier cycle à l’université et qui veulent obtenir un master pour 560 000 dinars par an. « Nous avons 120 étudiants en master et 63 en MBA, sélectionnés sur 247 postulants », détaille le directeur général.

Créée en 2004 dans le cadre d’un accord de coopération entre l’Algérie et la France, l’École supérieure algérienne des affaires (Esaa) a entamé ses programmes l’année suivante. « Nous assurons des formations en Executive MBA pour les dirigeants d’entreprise, MBA junior pour les cadres et master pour des étudiants ayant terminé leur premier cycle universitaire. Aujourd’hui, nous avons 300 étudiants au total », explique Lilian Cadet, son directeur général. La tutelle de cette école basée aux Pins maritimes, à l’est d’Alger, a été confiée à la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (Caci). De son côté, la chambre de commerce et d’industrie de Paris (CCIP) coordonne un consortium d’appui qui définit la pédagogie avec cinq écoles et universités françaises. « Soixante-dix pour cent des programmes de l’Esaa sont assurés par des professeurs étrangers vacataires », ajoute Lilian Cadet.

Une concurrente locale

Dotée d’un centre de documentation de 12 000 ouvrages et d’un abonnement à Cyberlibris (la première bibliothèque digitale en Europe), MDI Business School mise sur la qualité de ses formations pour garder sa place de numéro un algérien et se développer hors de ses frontières. « 60 % de nos programmes sont assurés par des professeurs européens. Nos diplômés en master trouvent facilement du travail. En 2011, leur taux d’insertion était de 85 % », souligne Brahim Benabdeslem, qui veut constituer la première grande école privée de management du pays. « Nous venons d’obtenir l’accord du Conseil national de l’investissement pour construire une école à la ville nouvelle de Sidi Abdellah, près d’Alger, pour 7 millions d’euros, avec une capacité de 1 200 étudiants », ajoute-t-il. H.G.

Deux facteurs empêchent toutefois l’Algérie de devenir un grand pôle régional de formation en management. « D’abord, on ne fait pas de campagne de communication dans les pays voisins pour démarcher leurs entreprises afin qu’elles envoient leurs manageurs faire des formations chez nous. Ensuite, le manque de loisirs en Algérie rend notre pays peu attractif aux yeux des étudiants », explique Benabdeslem, qui cherche d’abord à satisfaire l’énorme demande locale, évaluée à 1 million d’heures de formation par an pour les cadres. « Le marché est estimé à 100 millions d’euros annuels », souligne-t-il.

Depuis le début des années 1990 et l’instauration de l’économie de marché après trente ans de dirigisme, la demande a littéralement explosé. Les grandes entreprises publiques comme Sonatrach (hydrocarbures), Sonelgaz (électricité et gaz) ou BCR (boulonnerie, coutellerie, robinetterie et éviers) ont payé des formations en management à leurs cadres. Au début des années 2000, le privé a pris le relais – « aujourd’hui, il forme beaucoup plus que le public », note le directeur général. Une aubaine pour MDI Business School, quasi seule sur le marché jusqu’à l’arrivée en 2004 de l’École supérieure algérienne des affaires (Esaa), fruit d’un accord algéro-français.

Croissance

En dehors de la capitale, aucune grande ville du pays n’est dotée d’une école de management. « Parmi nos clients figurent aujourd’hui de grands groupes privés comme Cevital [agroalimentaire, distribution et industries légères, NDLR], ETRHB [travaux publics] et les filiales locales de groupes étrangers comme Lafarge, Orascom Telecom Algérie, Wataniya Telecom Algérie, Knauf, BNP Paribas et des laboratoires pharmaceutiques », ajoute Brahim Benabdeslem. De quoi nourrir la croissance de l’établissement, qui enregistre depuis sa création des taux de progression à deux chiffres, selon son directeur général : « Cette année, notre chiffre d’affaires atteindra 250 millions de dinars, contre 220 millions de dinars en 2011. »

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