Sécurité

Angola : le pouvoir réprime une manifestation, un journaliste interpellé

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 30 juillet 2015 à 15h58
Dispositif policier autour d'une manifestation à Luanda.

Dispositif policier autour d'une manifestation à Luanda. © AFP

Un journaliste de la radio angolaise d’opposition Radio Despertar a été arrêté mercredi en marge d’une manifestation pour demander la libération de 15 opposants arrêtés en juin.

Gonçalves Vieira, dont la radio soutient régulièrement les appels à manifester des jeunes contestataires du régime, figure parmi les cinq personnes arrêtées avant la manifestation, a indiqué un proche du mouvement. « Cinq autres personnes ont été arrêtées pendant la manifestation », a-t-il ajouté.

Les locaux de la radio de Gonçalves Vieira ont par ailleurs été encerclés pendant plusieurs heures mercredi 29 juillet, selon les journalistes bloqués à l’intérieur, qui ont témoigné aux micros d’autres médias.

À l’heure où les manifestants se sont retrouvés sur la place de l’Indépendance à Luanda mercredi en fin d’après-midi, la police les attendait depuis plusieurs heures et avait déployé un important dispositif de sécurité à travers toute la ville, selon des témoins. Les manifestants ont été chargés par des policiers venus avec des chiens.

Le parti au pouvoir, le MPLA, avait en outre mobilisé son mouvement de jeunesse pour organiser une contre-manifestation au même endroit, avec fanfare et sonorisation musicale très bruyante.

Répression systématique

La manifestation demandait la libération de quinze militants, accusés de vouloir renverser le président Jose Eduardo dos Santos, en détention depuis juin. Leur arrestation avait provoqué de vives réactions dans le pays comme à l’étranger.

Les plus connus sont le rappeur Luaty Beirao, fer de lance du mouvement contestataire en Angola, et Manuel Nito Alves, déjà emprisonné pendant plus de deux mois en 2013 pour avoir fait imprimer des tee-shirts hostiles au président.

Le vice-procureur général Helder Pita Gros a justifié leur détention à la télévision nationale, expliquant qu’ils n’avaient pas été arrêtés pour délit d’opinion mais parce qu’ils s’apprêtaient à organiser un soulèvement « aux conséquences incalculables » en mobilisant des étudiants et des travailleurs.

Depuis mars 2011, ces jeunes lancent des appels à manifester pour exiger le départ du président angolais et de meilleures conditions de vie. Les manifestations sont systématiquement interdites et réprimées par la police, le plus souvent dans la violence.

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