Politique

Cameroun : déploiement de 2 000 soldats supplémentaires dans le nord du pays

Les attentats qui se sont multipliés ces derniers jours dans le nord du Cameroun poussent les autorités à renforcer les effectifs militaires pour lutter contre Boko Haram.

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Mis à jour le 28 juillet 2015 à 18:46

Un soldat camerounais à Fotokol, le 17 juillet 2015, sur le site d’une attaque de Boko Haram. © Reinnier Kaze/AFP

« Près de 2 000 soldats supplémentaires seront déployés dans la région de l’Extrême-Nord », pour lutter contre le groupe terroriste Boko Haram qui a perpétré plusieurs attentats-suicides dans le nord du pays, rapporte la Cameroon Radio-Television (Crtv) ce mardi 28 juillet.

Ces renforts annoncés porteront à 8 500 le nombre de soldats présents dans la région dans le cadre de la lutte antiterroriste contre Boko Haram. Le déploiement s’inscrit dans le cadre du renforcement sécuritaire décidé par les autorités suite aux cinq attentats-suicides qui ont touché la région en deux semaines à peine. Depuis dimanche, sept personnes ont encore été tuées, dont trois décapitées lors d’attaques menées par les islamistes.

Le voile islamique en cause

La sécurité doit d’ailleurs être renforcée dans tout le pays. Au niveau des principaux axes routiers menant à Yaoundé ou à Douala, la capitale économique, les contrôles se multiplient avec des fouilles au corps et des fouilles de véhicules.

Pour prendre un maximum de précautions et prévenir les attentats-suicides, plusieurs régions du pays ont même décidé d’interdire le port du voile intégral. Plus de 600 voiles islamiques ont été saisis lundi à Kousseri, poste-frontière camerounais situé en face de  N’Djamena, rapporte un responsable local de la gendarmerie. »Nous avons saisi les voiles des femmes qui les portaient dans la rue. Il s’agit de simples voiles et de voiles intégraux », a ajouté le responsable.

Toujours selon la même source, la circulation des charrettes a été interdite, tout comme la mendicité et la circulation des motos dans les marchés de Kousseri, afin de prévenir le risque d’attentat.

Coopération régionale

Le président nigérian Muhammadu Buhari se rendra mercredi 29 juillet au Cameroun pour s’entretenir avec son homologue Paul Biya à propos la stratégie de lutte contre Boko Haram. Une visite dans « le but de construire une alliance régionale forte pour affronter Boko Haram », selon Garba Shehu, un des porte-parole de la présidence nigériane.

D’ailleurs, le déploiement de la Force d’intervention conjointe multinationale (MNJTF) avait été annoncé d’ici au 30 juillet. Cette force régionale dont le siège est à N’Djamena compte près de 8 700 militaires, policiers et civils, fournis par le Nigeria, le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Bénin devrait apporter un soutien conséquent dans la lutte contre Boko Haram.

De son côté, l’armée tchadienne à la tête de la coalition a lancé une vaste opération militaire sur les îles du lac, où de nombreux insurgés, affaiblis dans leurs fiefs nigérians, s’étaient repliés ces derniers mois.