Santé

Karim Bendhaou, le docteur « biotech » de Merck

Le médecin algéro-tunisien mise sur le développement des génériques. © Merck

Le président de Merck North West Africa ambitionne de démocratiser l'accès aux médicaments issus du vivant.

La plateforme régionale du groupe est basée à Tunis, mais il « vit » à Nice (France). Façon de parler pour Karim Bendhaou, qui passe chaque année 260 nuits à l’hôtel. « Dans ces conditions, il est difficile, voire irresponsable, d’avoir une vie de famille », sourit ce quinquagénaire divorcé et sans enfants. Le président de Merck North West Africa (Merck NWA, groupe Merck) est un passionné, exalté par l’ampleur du chantier qui l’attend. Sa spécialité : les médicaments issus des biotechnologies, c’est-à-dire produits à partir d’une substance vivante, à l’image des vaccins ou de l’insuline. Un créneau porteur : « En 2014, la moitié des 100 produits leaders sur le marché seront issus des « biotechs » », prévoit-il.

C’est tout naturellement que ce médecin algéro-tunisien a trouvé sa place, en 2007, à la tête de la filiale africaine de Merck, leader mondial dans le traitement de l’infertilité, des pathologies thyroïdiennes et des maladies neurodégénératives. Il avait auparavant été embauché par le suisse Serono en 2000 en tant que directeur général pour l’Afrique. De 90 000 euros en 2001, le chiffre d’affaires africain de la société de biotechnologie a bondi à 15 millions d’euros au moment de son rachat par l’allemand Merck, fin 2006. Aujourd’hui, Merck NWA affiche à lui seul des revenus de 65 millions d’euros dans les 38 pays qu’il couvre.

Biosimilaires

Alors que les « biotechs » se développent de façon exponentielle dans le monde, Karim Bendhaou se dit préoccupé par l’accessibilité en Afrique des médicaments issus du vivant, leur coût de développement avoisinant le milliard d’euros. « Difficile de baisser nos prix en deçà d’un certain seuil sans tomber dans la charité », estime-t-il. Merck Serono a néanmoins fait un pas en concluant un accord, en juin, avec l’indien Dr Reddy’s pour la production de biosimilaires (génériques des médicaments issus des biotechnologies). Prometteur, ce marché en est encore à ses balbutiements, faute de réglementation et de structure de pharmacovigilance adéquate. Mais Karim Bendhaou en est convaincu : « L’Afrique sera le prochain continent où le secteur pharmaceutique connaîtra une croissance, avec un pic entre 2015 et 2017. » À tel point que le groupe table sur un bond de la part africaine de son chiffre d’affaires, de 1,7 % actuellement à 5 % en 2020. 

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