Économie

Algérie : Amara Benyounes limogé à l’occasion d’un remaniement partiel

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Amara Benyounès, ex-ministre algérien du Commerce, limogé le  23 juillet 2015.

Amara Benyounès, ex-ministre algérien du Commerce, limogé le 23 juillet 2015. © Vincent Fournier, pour J.A.

Abdelaziz Bouteflika a procédé ce jeudi 23 juillet à un nouveau remaniement ministériel. Changement le plus remarqué, le départ du ministre du Commerce, Amara Benyounes qui sera remplacé par Bekhti Belaid.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a procédé à un remaniement partiel du gouvernement d’Abdelmalek Sellal. Ministre du Commerce depuis avril 2014, Amara Benyounes, réputé proche et fidèle soutien du chef de l’Etat, est limogé sans explication. Il est replacé par Bekhti Belaid. Membre du Rassemblement national démocratique (RND), dirigé par Ahmed Ouyahia, directeur de cabinet à la présidence, M. Belaid a déjà dirigé le département du Commerce entre 1996 et 1997 à l’époque de Liamine Zeroual. Sid-Ahmed Ferroukhi est nommé au ministère de l’Agriculture, du développement rural et de la pêche alors qu’Ould Ali El Hadi hérite du portefeuille de la Jeunesse.

Son ancien titulaire, Abdelakder Khomri se trouve en France depuis plusieurs semaines pour des soins. En juin dernier, il avait été admis à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13e arrondissement de Paris. Ancien membre du Rassemblement de la culture et de démocratie (RCD) avant d’en être exclu, ex-animateur du Mouvement culturel Berbère, Ould Ali El Hadi ne cache pas sa proximité avec Amara Benyounes.

Le départ de Benyounes, une véritable surprise

Le départ d’Amara Benyounes, 57 ans, constitue une vraie surprise dans la mesure où cet autre transfuge du RCD passe pour être un serviteur loyal du chef de l’Etat. Secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA) dont la création remonte à février 2012, plusieurs fois ministre depuis 1999, Benyounes a notamment soutenu la candidature de Bouteflika à un quatrième mandat en avril 2014 en faisant campagne pour sa réélection. Farouchement anti-islamiste, très critique à l’égard de l’opposition, il est également réputé pour être proche de Saïd Bouteflika, frère cadet du président et conseiller spécial à la présidence.

C’est le deuxième changement ministériel opéré par le président algérien en moins de trois mois. En mai dernier, l’équipe de Sellal a été substantiellement remaniée avec des changements à la tête des départements de l’Intérieur, de l’Énergie ainsi que des Finances. Par ailleurs, le président avait procédé la veille, mercredi 22 juillet, à plusieurs nominations à la tête des wilayas (préfecture).

Contexte économique difficile

Ces changements interviennent dans un contexte économique difficile lié à la chute des cours du pétrole et du gaz qui assurent 95 % des recettes en devises de l’Algérie.

La présentation de la loi de Finances complémentaire 2015, mercredi 22 juillet en Conseil des ministres, aura été l’occasion de prendre une fois de plus la mesure de ces difficultés financières. Au mieux, les recettes pétrolières avoisineraient 34 milliards de dollars à la fin de l’année en cours contre 68 milliards pour 2014. Dans le cas où celui-ci ne serait pas alimenté, les avoirs du Fonds de régulation des recettes (FRR), qui sert à combler les déficits budgétaires, tomberaient à moins de 27 milliards de dollars en décembre prochain contre 54 milliards de dollars en automne 2014.

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