Société

Le Malien Adama Traoré, nouvel espoir du football africain

Meilleur joueur de la dernière Coupe du monde des moins de 20 ans, le Malien Adama Traoré vient d’être transféré de Lille à Monaco pour environ 14 millions d’euros. Portrait.

Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:52

Le Malien Adama Traoré et le Sénégalais Moussa Wagué. © Michael Bradley/AFP

Il y a quelques jours, juste avant le transfert de Traoré à Monaco, Jean-Michel Vandamme, le directeur de la cellule recrutement de Lille, confiait à Jeune Afrique « qu’il faudrait une offre indécente pour nous convaincre de vendre Adama ». Monaco, en proposant presque 14 millions d’euros pour un joueur qui n’a disputé que 20 matches en Ligue 1 (2 buts), a vaincu les dernières réticences nordistes.

Adama Traoré vient donc de signer un contrat de cinq ans avec le club de la Principauté. « L’important est qu’il digére ce changement de statut, car le club de Monaco est d’un niveau supérieur à celui de Lille », estime Alain Giresse, le sélectionneur des Aigles, qui l’a dirigé pour la première fois en mars dernier face au Gabon (3-4) et au Ghana (1-1) en matches amicaux.

Repéré par Lille

La vie d’Adama Traoré a changé depuis son retour de Nouvelle-Zélande, où le Mali a terminé 3e de la Coupe du monde des moins de 20 ans et où ce jeune milieu de terrain a été consacré meilleur joueur de la compétition (4 buts, 3 passes décisives). « C’est sans doute grâce à ma performance que j’ai signé à Monaco, où je vais beaucoup apprendre », explique le jeune homme de 20 ans, avant de raconter sa vie d’avant, à Bamako. « J’ai été recruté lors des matches de quartier par l’Académie Jean-Marc Guillou à 12 ans. » Adama Traoré passe cinq ans dans ce centre de formation au contact de celui qui a contribué à l’éclosion de Yaya Touré, Gervinho ou Kalou.

« J’ai beaucoup appris avec Guillou. La technique, la rigueur. On jouait pieds nus, et pour avoir des chaussures, il fallait relever des challenges, comme réussir un certain nombre de jonglages. Il voulait que j’aille au Paris FC.» Mais le joueur, qui a des contacts dans d’autres formations d’un niveau supérieur, refuse. « J’ai finalement joué quelques mois l’AS Bakaridjan Bamako (Mali, Division 1), où le club lillois est venu me chercher », raconte Traoré.

Encore inconnu il y a quelques mois

Marqué par la disparition précoce de sa mère alors qu’il n’avait que 17 ans, le jeune gaucher malien a cherché à combler ce vide en travaillant beaucoup. « Au Mali, il était du genre à se lever à 6h30 pour s’entraîner seul avant la séance collective de 10 heures. Il vient d’un milieu modeste, il sait que rien n’est acquis. Tout ce qu’il fait, c’est aussi pour sa mère », insiste son agent Fifa, Séran Diabaté.

Recruté fin 2013 par Lille alors qu’il n’était pas encore majeur, brièvement prêté à Mouscron (Belgique) puis lancé en Ligue 1 la saison dernière par René Girard, alors entraîneur de l’équipe lilloise, Traoré est plutôt réservé. « Il n’a pas forcément le tempérament pour être un leader par la parole mais grâce à sa technique, sur le terrain, il peut être un patron », apprécie Giresse. Et si Monaco a misé autant d’argent sur un joueur encore inconnu il y a quelques mois, c’est que le club y croit.