Energie

Nucléaire : l’appel du pied de Moscou à Pretoria

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h51
Des ouvriers assemblent des turbines dans la centrale nucléaire d'Udomlya (Russie)

Des ouvriers assemblent des turbines dans la centrale nucléaire d'Udomlya (Russie) © Andrey Smirnov/AFP

Face à ces nombreux concurrents pour la construction de nouvelles centrales nucléaires en Afrique du Sud, le russe groupe Rosatom multiplie les annonces et maintient la pression.

Rosatom revient à la charge. Dans une interview accordée le jeudi 16 juillet à Bloomberg, Viktor Polikarpov, vice-président pour l’Afrique subsaharienne de l’Agence russe de l’énergie atomique, a indiqué que Moscou est prêt à « aider l’Afrique du Sud à financer son nouveau programme nucléaire ».

Pretoria souhaite acquérir six à huit nouveaux réacteurs nucléaires (d’une capacité totale de 9 600 mégawatts). Ce projet est controversé et a été reporté depuis les années 2000 en raison notamment de son coût évalué à 40 milliards d’euros. Il a connu une accélération durant l’année écoulée et l’appel d’offres devrait être lancé d’ici à septembre, pour une attribution fin 2015, a fait savoir le gouvernement sud-africain en main dernier.

Avantageux

Dans l’entretien avec Bloomberg, le dirigeant du géant russe (détenu par l’État) a mis l’accent sur les très avantageuses conditions de financement disponible auprès de Moscou : un prêt d’une maturité de 20 ans, à un taux d’intérêt « pas très élevé » et dont le remboursement ne débuterait qu’après le démarrage des centrales.

Rosatom n’est pas le seul leader mondial de l’énergie à avoir exprimé son intérêt pour le programme nucléaire sud-africain. Les français Areva et EDF, le japonais Westinghouse Electric Corporation, China Guangdong Nuclear Power Holding Corp et le sud-coréen Korea Electric Power Corporation se sont aussi positionnés.

Le géant russe mène pourtant depuis près d’un an une stratégie de communication assez musclée. En septembre 2014, le groupe a laissé entendre qu’il avait remporté le contrat sud-africain, sans appel d’offres.

Devant l’énorme polémique suscitée par cette annonce, le gouvernement sud-africain a démenti avoir attribué le marché, précisant n’avoir signé qu’un accord-cadre de coopération nucléaire avec la Russie, semblable à celui signé avec la Corée du Sud en 2010. Dans la foulée, Pretoria a signé des accords similaires avec la France et la Chine.

La nouvelle intervention médiatique de Rosatom survient une semaine seulement après la signature, le 9 juillet dernier, de deux protocoles d’entente sur « la coopération dans l’énergie nucléaire » entre le groupe russe et le ministère sud-africain de l’Énergie. Les détails de ce ces agréments n’ont pas été rendus publics…

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