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Burkina : Kafando maintient le Premier ministre Zida mais lui retire la Défense

Le président par intérim Michel Kafando (à gauche) et Isaac Zida (alors lieutenant-colonel, à droite) à Ouagadougou, le 19 novembre 2014. © Sia Kambou/AFP

En pleine crise politique au cœur de la transition au Burkina Faso, le président Michel Kafando a choisi jeudi de maintenir en poste son premier ministre Isaac Zida. Un choix contraire au souhait du Régiment de sécurité présidentielle qui réclamait sa démission.

« J’ai décidé de maintenir le Premier ministre en poste », a déclaré le président Michel Kafando dans un discours jeudi 16 juillet au soir, à moins de trois mois des élections présidentielle et législatives dont le premier tour est prévu le 11 octobre. Une décision très attendue, au lendemain de la réception du rapport du cadre de concertation des sages sur cette crise.

« Tout bouleversement à ce niveau ne ferait que perturber la saine préparation des élections avec pour risques majeurs d’allonger les délais de notre engagement à organiser le scrutin à la bonne date », a-t-il expliqué pour justifier sa décision.

Démis de ses fonctions à la Défense

Cependant, Isaac Zida sort affaibli de cette nouvelle crise puisqu’il perd ses pouvoirs à la tête du ministère de la Défense. Ce dernier étant vivement critiqué par le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) et par une partie de l’armée, le président Kafando a préféré lui retirer son portefeuille.

Depuis deux semaines, Isaac Zida se trouve en terrain miné. Les chefs du RSP l’accusent d’avoir monté de toutes pièces les rumeurs de son arrestation à son retour de Taïwan, fin juin. Selon le RSP, cela devait lui servir à « régler définitivement ses comptes » avec ses anciens frères d’armes.

L’armée accusée de perturber la transition 

Le chef de l’État, qui a joué le rôle d’arbitre entre le RSP et Zida, a blâmé l’armée jeudi. « Je le dis tout net, il n’est pas juste que pour des intérêts divergents, notre armée nationale dont c’est la mission de protéger la paix au Burkina Faso en vienne à être le perturbateur de la paix au Burkina Faso », a-t-il martelé.

Cette décision de Michel Kafando survient après un vote des députés du parlement intérimaire qui ont mis en accusation l’ex-président Blaise Compaoré devant la Haute Cour de justice pour «haute trahison » et « attentat à la Constitution ». Un remaniement du gouvernement est prévu ce week-end.

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