Sport

RD Congo : la Katumbi football academy, l’antichambre du TP Mazembe

Avec ses 35 000 places, le stade du Tout-Puissant Mazembe est le plus grand du pays © Gwenn Dubourthoumieu/J.A.

Moïse Katumbi, le président du TP Mazembe, a fondé il y a plus de trois ans la Katumbi football academy. Un vivier pour son club qu'il souhaite "recongoliser".

Dans quelques semaines, les pensionnaires de la Katumbi football academy (KFA) se sentiront vraiment chez eux. Le temps pour les ouvriers d’achever les travaux du centre de Futuka, niché à une trentaine de kilomètres de Lubumbashi, où seront installés les bâtiments administratifs, les salles de cours et de musculation et trois terrains. Jusqu’alors les jeunes académiciens utilisaient les installations du TP Mazembe. « Nous pourrons travailler dans des conditions idéales, tant sur le plan sportif qu’éducatif, puisque les jeunes suivent un enseignement adapté », explique Régis Laguesse, le directeur, qui a fait de l’ancien international congolais Willy Mongongo son adjoint.

Des ados finalistes de la Coupe de RD Congo

Récemment, les jeunes katangais, dont les plus âgés affichent au maximum 17 ans, sont passés près de la victoire en finale de la Coupe de RD Congo face à Lupopo, une des autres équipes de la capitale du Katanga. « On ne s’est incliné que 1-0. Si on avait remporté le match, la KFA aurait participé à la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF) en 2016 », poursuit Laguesse.

Depuis deux ans, l’équipe participe au championnat national de division 2, où elle affronte des adversaires plus âgés et considérés comme des professionnels, alors que les jeunes académiciens, s’il sont logés, nourris et blanchis ne perçoivent aucun salaire. Au total, Moïse Katumbi consacre près de 500 000 dollars par an pour le fonctionnement de son académie.

Katumbi veut « recongoliser » le TP Mazembe

Recruté par le dernier gouverneur du Katanga pour s’occuper de son centre de formation, Laguesse y applique presque à l’identique les recettes qui ont fait la réputation de l’Académie Mimosifcom d’Abidjan, où, sous la direction de Jean-Marc Guillou, sont sortis des joueurs comme les frères Yaya, Kolo Touré, Gervinho, Zokora, Salomon Kalou ou Aruna Dindane. « Ils apprennent à jouer pieds nus, de façon à transmettre très vite le ballon, afin de donner de la fluidité au jeu, et sans gardien de but », explique le formateur.

La KFA, d’abord ouverte aux jeunes congolais d’autres provinces, dont celle de Kinshasa, s’est depuis recentrée sur un recrutement exclusivement katangais. « Il est très difficile dans un pays aussi vaste que la RD Congo d’organiser des détections. Nous allons dans les quartiers de Lubumbashi et des communes de la province. La radio annonce notre présence et nous organisons des petits matches. Environ 500 gamins sont observés, 130 sont retenus, puis une dernière sélection ramène le total à 12 ou 14 joueurs. »

La KFA suscite ces derniers temps particulièrement l’intérêt de son influent fondateur, Moïse Katumbi, dont la stratégie est de « recongoliser » le TP Mazembe. Le club lushois, qui a beaucoup fait son marché à l’étranger ces dernières années (Mali, Côte d’Ivoire, Zambie, Ouganda…) pour des résultats continentaux mitigés, va prendre un tournant plus local dans les prochaines années, même si Katumbi continuera à recruter hors des frontières de la RD Congo.

« L’objectif principal du président n’est pas forcément de former des joueurs pour les vendre ensuite en Europe, comme le font d’autres académies en Afrique. Ce qu’il souhaite, c’est bâtir sur du long terme, avec une ossature de footballeurs katangais », ajoute Laguesse. Comme un clin d’œil au passé, quand le club avait remporté avec un effectif local ses deux premières Ligues des Champions en 1967 et en 1968…

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