Société

Rwanda : les conditions de détention de l’opposante Ingabire se sont-elles détériorées ?

Par
Mis à jour le 17 juillet 2015 à 08:44

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire, condamnée en 2013 à 15 ans de prison. © Steve Terril/AFP

Dans une lettre ouverte publiée jeudi, le parti d’opposition rwandais Forces démocratiques unifiées (FDU) dénonce une brusque détérioration des conditions de détention de sa présidente, Victoire Ingabire. Ce que Kigali dément.

« Depuis le vendredi 10 juillet, la direction de la prison centrale de Kigali a décidé de durcir très sévèrement le régime carcéral de Victoire Ingabire, sans aucune explication », a rapporté, le 16 juillet dans une lettre ouverte, Boniface Twagirimana, l’un des vice-présidents des Forces démocratiques unifiées (FDU).

Selon Boniface Twagirimana, « la présidente des FDU n’a pas été autorisée vendredi dernier à rencontrer son avocat au motif que ce dernier n’avait plus rien à faire à la prison car sa cliente a déjà été jugée ». Toutes les ouvertures laissant entrer de la lumière dans sa cellule ont été bouchées, l’opposante s’est même vu confisquer ses livres et interdire de parler à ses visiteurs, selon la lettre ouverte.

Lettre des FDU, un « tract politique » selon Kigali

Contacté, le commissaire général des services correctionnels rwandais, Paul Rwarakabije, a démenti ces informations. « Cette lettre ouverte de ce parti qui n’est pas accepté actuellement dans notre pays, je prends ça pour un tract politique », a-t-il déclaré. « [L’avocat de Victoire Ingabire] est venu dans les heures tardives, c’est pour cela qu’il n’a pas été accepté pour la visite à sa cliente », a-t-il précisé.

Victoire Ingabire, présidente des FDU, avait été condamnée en décembre 2013 pour conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre, minimisation du génocide de 1994 contre les Tutsis et propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter le public à la violence.