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Hissène Habré et François Mitterrand, le 21 octobre 1989, à Paris.

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Hissène Habré : de Mitterrand à Saddam, quand l’étranger soutenait la répression au Tchad

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Les liaisons dangereuses de Habré : l’Irak fait valser les valises (3/5)

Mis à jour le 20 juillet 2015 à 08:34

Saddam Hussein en novembre 1990. © AFP

La liste de ceux qui ont aidé Hissène Habré à imposer son joug aux Tchadiens est longue. Les fantômes de François Mitterrand, Ronald Reagan, Ariel Sharon, Saddam Hussein ou encore Mobutu Sese Seko seront-ils convoqués à la barre ? Troisième épisode : la relation avec Baghdad.

Encore plus méconnu, le soutien apporté par Saddam Hussein, alors allié des Américains au Moyen-Orient et ennemi de Kadhafi. Son pays forme des agents de la DDS et, en 1986, à la demande de la CIA, livre aux Fant, via l’Égypte, des missiles soviétiques sol-air de haute altitude SA-2, selon Foreign Policy.

Le dictateur irakien aurait également financé son homologue tchadien. « En 1987, alors qu’il venait de clore un entretien avec Hissène Habré, Saddam me posa la main sur l’épaule et dit à son hôte africain : « Ce brave homme vous remettra ce soir 1 million de dollars » […] », raconte Saman Abdul Majid, l’ancien interprète du despote, dans Les Années Saddam (Fayard, 2003).

Le visiteur le remercia chaleureusement pour son généreux cadeau. «Ce n’est rien, lui dit-il. Vous recevrez chaque année l’équivalent de 1 million de dollars, pour vous et pour vos proches.»