Économie

Bertrand Mbatchi, Monsieur Label

| Par Jeune Afrique
Docteur d'État en biologie, Bertrand Mbatchi a été élu à la tête du Cames en 2011.

Docteur d'État en biologie, Bertrand Mbatchi a été élu à la tête du Cames en 2011. © Ahmed Ouoba/JA

Aux commandes du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur, le Gabonais veut améliorer la qualité et la portée de ses accréditations.

Il n’en est même pas à la moitié de son mandat à la tête de l’organe exécutif du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (Cames) qu’il se projette déjà au-delà. Nommé secrétaire général de l’institution panafricaine en avril 2011, le professeur Bertrand Mbatchi estime que sa tâche est immense. « Ce n’est pas en un seul mandat que l’on peut accomplir cette mission », assure le biologiste depuis son bureau de Ouagadougou, où siège l’organisation. Toujours entre deux avions, ce père de famille de 53 ans a peu de temps pour retrouver les siens à Libreville. Après avoir gravi les échelons du monde académique gabonais, l’universitaire est passé, en 2006, à des fonctions plus administratives au ministère de l’Enseignement supérieur – d’abord comme conseiller, puis comme secrétaire général. À ce titre, c’était lui l’expert gabonais aux sessions annuelles des Conseils des ministres de l’enseignement supérieur du Cames. Une position de choix pour se préparer à ses futures responsabilités.

Harmonisation

Outre la reconnaissance des diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieur publics et privés, le Cames est aussi chargé de faciliter la coopération scientifique et la recherche entre ses dix-neuf États membres. Il s’agit notamment d’harmoniser les programmes et titres scolaires d’une zone géographique comprenant tous les pays francophones d’Afrique subsaharienne, auxquels viennent s’ajouter la Guinée-Bissau et la Guinée équatoriale. Dans ce cadre, Bertrand Mbatchi doit mener à terme la réforme LMD (licence-master-doctorat), décrétée en 2006, mais inégalement accomplie selon les pays. Objectif : assurer l’équivalence des diplômes en s’alignant sur le nouveau schéma international.

Bio express

1987 Doctorat d’État en biologie et physiologie végétales à l’université de Poitiers
1991 Vice-recteur de l’université des sciences et techniques de Masuku
2006 Conseiller puis secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur
Avril 2011 Élu à la tête du Cames pour cinq ans

Depuis sa création en 1968, le Cames a examiné près de 1 200 dossiers de demande de reconnaissance pour un taux d’acceptation de 73 %. Un grand nombre de requêtes proviennent des écoles privées, qui recherchent la fameuse certification pour justifier leurs frais de scolarité élevés. « Les accréditations (des diplômes) sont définitives. Nous réfléchissons à présent à un suivi qualité pour les formations qui ont été validées. Des réévaluations pourraient intervenir tous les trois à cinq ans », précise le professeur. Cette réforme fait partie d’un « plan stratégique de développement » que projette la nouvelle équipe après une première année consacrée à un audit et à un état des lieux, histoire d’identifier ce qui pouvait être amélioré. Toujours dans cette perspective, Bertrand Mbatchi souhaite valoriser davantage la recherche et l’innovation tout en développant des synergies au niveau du continent. Mais ces évolutions ne pourront se traduire dans les faits qu’après accord du prochain Conseil des ministres de la « zone » Cames, qui se tiendra à Cotonou (Bénin) en avril 2013.

Compétition

Le secrétaire général entend profiter de cette occasion pour élargir les attributions du Conseil : passer d’une labellisation des diplômes à celle des établissements dans leur ensemble. Installée à Bruxelles, la European Foundation for Management Development (EFMD), organisme qui rassemble 80 pays, dispense déjà une telle accréditation, Equis, aux seules écoles de commerce. « S’il existe une diversité de labels c’est tout simplement parce qu’il y a une multiplicité d’indicateurs, ce qui ne signifie pas qu’il y ait une compétition », estime l’ex-secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur gabonais. S’agissant du label européen, il invite néanmoins les business schools africaines à privilégier la caution de l’instance qu’il dirige. « Avant d’aller chercher des certifications ailleurs, je pense qu’il faut d’abord rechercher le label Cames. Il n’y a pas besoin de les multiplier. »

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