Politique

Congo : ouverture du dialogue national à Sibiti

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 13 juillet 2015 à 12h35
Denis Sassou Nguesso, le 26 septembre 2014.

Denis Sassou Nguesso, le 26 septembre 2014. © Richard Drew/AP/SIPA/1409261730

Les autorités de Brazzaville ouvrent ce lundi un dialogue national sur l’avenir des institutions congolaises, mais l’opposition y voit une manœuvre pour instaurer une présidence à vie au profit du chef de l’État, Denis Sassou Nguesso.

À un an environ de la prochaine présidentielle, à laquelle la Constitution interdit à Denis Sassou Nguesso de se présenter, ce forum doit se tenir jusqu’au 17 juillet à Sibiti, à environ 250 km à l’ouest de Brazzaville. Il devra répondre aux deux questions posées par le président : « Comment […] organiser au mieux les scrutins à venir dans notre pays ? » et faut-il faire « évoluer les institutions de la République ? »

L’opposition regroupée au sein du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad) a décidé, au matin du 13 juillet, de boycotter la rencontre.

Le « dialogue national » s’ouvre dans un climat politique tendu en Afrique centrale alors que la violence fait rage au Burundi depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé son intention de briguer un nouveau mandat. Au Congo-Kinshasa voisin et au Rwanda, les présidents Joseph Kabila et Paul Kagamé font face, comme Denis Sassou Nguesso, à une interdiction constitutionnelle de se représenter en 2016 et en 2017 et sont soupçonnés par leurs opposants de chercher à s’affranchir de cette règle.

Dialogue national puis référendum ?

À Brazzaville, le Parti congolais du travail (PCT, au pouvoir) s’est prononcé en décembre 2014 en faveur d’un changement constitutionnel qui ferait passer le Congo-Brazzaville à une nouvelle république.

Depuis plusieurs mois, Denis Sassou Nguesso s’efforce d’apparaître comme un observateur au-dessus du débat, mais il a déclaré fin avril qu’en cas d’absence de consensus à l’issue du « dialogue national », il faudrait « interroger le peuple » par référendum sur la question de l’opportunité d’un changement de Constitution.

Jeudi, il a exhorté « tous les acteurs politiques et sociaux » à prendre part au « dialogue national », qu’il a qualifié d’exercice de « la démocratie par excellence ».

Mais le Frocad, selon son coordonnateur Paul-Marie Mpouélé, exige que le « dialogue national » soit doté d’un « ordre du jour clair qui expurge la question liée au changement de Constitution », qui est « totalement inopportune ».

« L’avenir des institutions est un vrai faux problème. On se préoccupe plutôt de l’avenir de Denis Sassou Nguesso », affirme pour sa part Clément Miérassa, dirigeant d’un parti d’opposition membre du Frocad.

 

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