Mines

Guinée : BSGR poursuivi pour corruption

Après avoir dépensé 160 millions de dollars pour obtenir le permis de miner dans le Simandou, BSGR avait revendu 51% de ses parts à Vale pour 2,5 milliards de dollars. © RioTinto

Le Financial Times révèle qu'une commission gouvernementale guinéenne a lancé une enquête pour corruption contre BSGR dans le cadre de l'acquisition de droits sur le gisement du Simandou. La société israélienne parle de campagne orchestrée pour saisir ses actifs.

Une commission gouvernementale guinéenne, soutenue par le milliardaire et philanthrope George Soros, a lancé une enquête pour corruption à l’encontre de la société minière israélienne BSGR, détenue par Benny Steinmetz, et exige des réponses sur la façon dont le groupe a obtenu, en 2008, les droits sur la moitié du gisement du Simandou qui avait été précédemment attribuée à l’anglo-australien Rio Tinto.

Les enquêteurs gouvernementaux auraient notamment recueilli les témoignages d’anciens associés de BSGR, ainsi que de consultants et de financiers liés au projet. Ces derniers évoquent des cadeaux de luxe et des paiements accordés à la famille de Lansana Conté, ancien dictateur du pays jusqu’en 2008, ainsi qu’à certains représentants de son gouvernement et des régimes qui ont suivi.

Formule 1 miniature

Selon le Financial Times, les accusations concernent, entre autres, la miniature d’une Formule 1 en or incrustée de diamants offerte à un ministre du gouvernement. Un représentant de BSGR aurait aussi offert une montre en or ornée de diamants au président. Enfin, BSGR aurait accepté de payer 2,5 millions de dollars à la quatrième épouse du président pour aider le groupe à sécuriser l’obtention du permis.

BSGR dénonce une enquête motivée par des opposants politiques et des sociétés minières rivales et dit ne pas être au courant d’un quelconque cadeau. « C’est le dernier épisode d’une campagne orchestrée pour saper la position de BSGR en Guinée afin de permettre à nos actifs d’être saisis et vendus pour le bénéfice de plusieurs tierces parties », s’est défendu le groupe dans un communiqué.

En avril 2010, le groupe israélien avait réalisé l’une des opérations les plus remarquées de ces dernières années en revendant 51% de ses intérêts miniers dans le Simandou au brésilien Vale pour 2,5 milliards de dollars. Il n’avait déboursé que 160 millions de dollars pour en obtenir les droits.

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