Tourisme

Hôtellerie : le site de réservation Jovago met une option sur les classes moyennes

Vue de la baie de Bab El Oued, à Alger. Jovago finalise les préparatifs de son démarrage dans le pays. © Groundhopping Merseburg/Flickr

La plateforme de réservation en ligne Jovago vient de franchir la barre des 25 000 référencés sur le continent. La filiale d'Africa Internet Group, déjà active au Nigeria et en Côte d'Ivoire, compte s'attaquer au marché algérien.

Mis à jour le 8 juillet à 16h00 CEST

Après l’Ouganda et la Tanzanie en avril, l’Éthiopie en mai, et alors qu’il finalise son installation en Algérie, Jovago annonce le 8 juillet l’ouverture d’un bureau au Ghana.

Deux jours auparavant, la plateforme de réservation d’hôtels en ligne, filiale sur le continent d’Africa Internet Groupe (AIG), détenue par la société allemande Rocket Internet et les opérateurs télécoms MTN et Millicom, avait déclaré avoir passé le cap des 25 000 hôtels inscrits sur son site en Afrique dont 8 000 au Nigéria. Au moment de son démarrage en 2013, ils n’étaient que 1 000.

Avec l’arrivée d’ici fin juillet de sa première application mobile, sur Android, la plateforme entend encore démultiplier sa visibilité. D’autant que l’application sera aussi disponible dans plusieurs langues locales comme le swahili, le haoussa, le Yoruba ou l’Ibo, en plus de l’anglais et du français.

Clientèle locale

Pour expliquer que Jovago se focalise davantage sur des pays tels que le Cameroun, la Côte d’Ivoire ou le Sénégal plutôt que sur le Maroc ou la Tunisie, Paul Midy, son directeur général, insiste sur le besoin de se démarquer de ses concurrents tels que Booking (14 000 établissements référencés en Afrique) ou Expedia.

Plus que le Maroc ou la Tunisie, Jovago privilégient les terrains encore vierges comme la Côte d’Ivoire. « Notre objectif est de conquérir une clientèle locale. Sur notre site, contrairement au leaders mondiaux Booking (14000 établissements références en Afrique) ou Expedia qui visent la clientèle internationale en mettant en avant des quatre et cinq étoiles, on trouve en majorité des hôtels trois étoiles. Plus que des palaces, ses clients recherchent des hôtels avec l’air conditionné, le wifi, situés dans un quartier sûr et si possible près de l’aéroport pour les voyages professionnels”, explique Paul Midy, directeur général de Jovago

« Quand nous référençons un hôtel également présent sur Booking ou Expedia, nous nous battons pour offrir les meilleurs tarifs. Nous sommes souvent 20% moins chers”, promet Paul Midy. En étudiant une implantation en Egypte, où le tourisme même s’il souffre de la situation sécuritaire est très développé, le site pourrait faire une entorse à ses principes.

Proximité

Pour tenir ses promesses, Jovago, qui emploie 400 salariés en Afrique, mise sur la proximité. « Chaque hôtel est visité avant d’être mis en ligne et nous envoyons un photographe pour réaliser les clichés qui seront mis en ligne et nous proposons des formations aux établissements pour améliorer la qualité de la réception », détaille Paul Midy.

Des services qui sont rémunérés au travers d’une commission représentant 15 à 25% de la réservation en fonction du travail réalisé avec l’hôtel. Le client est lui aussi suivi de prés : 24 heures avant le début de sa réservation, il reçoit un appel lui demandant de confirmer sa présence, puis c’est l’hôtel qui est contacté pour vérifier qu’il est bien arrivé. Enfin à l’issue de son séjour, Jovago le sollicite à nouveau pour recueillir ses impressions. La plateforme, qui affiche 200 000 avis de clients, s’enorgueillit d’un « taux de recommandation de 80% ».

“Le contact téléphonique est très important car il permet d’éliminer les appréhensions liées à l’utilisation d’Internet”, explique Abdesslam Benzitouni, responsable des relations publiques de Jovago. D’ailleurs, si le site permet de payer en ligne, ou au travers de services d’argent mobile comme Mpesa ou MTN Money (et bientôt Tigo Cash), les clients peuvent régler sur place. C’est par exemple le cas près de 9 fois sur 10 au Sénégal.

Modèle

Comme pour les autres sites lancés par AIG ces dernières années (Jumia, Kaymu, Hello Food…), il est difficile d’obtenir des données chiffrées pour vérifier la solidité du modèle économique. “ Nous avons doublé notre taux de conversion au cours des douze derniers mois pour rentrer dans les standards de sites comme Booking, c’est la preuve que notre service plaît”, argumente Paul Midy. Environ 5 % des visiteurs effectueraient une réservation.

Le développement de la plateforme ne laisse pas les grands groupes hôteliers indifférents. Entré en guerre avec Booking et Expedia, Accor adopte une attitude plus conciliante avec Jovago. Une réunion doit même se tenir à Casabanca pour évoquer une possible collaboration.

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