Tourisme

Tunisie : TTS orphelin après le décès d’Aziz Miled

Ce pionnier de l'industrie touristique avait défrayé la chronique pour son amitié avec Michèle Alliot-Marie. © Hichem

Aziz Miled, fondateur du groupe TTS, acteur majeur de l'industrie touristique tunisienne, est décédé mercredi 7 novembre. Son fils Karim préside désormais les affaires familiales.

L’homme d’affaires tunisien Aziz Miled, 72 ans, fondateur du groupe TTS (Tunisian Travel Service), n’est plus. Décédé des suites d’une longue maladie le 7 novembre, ce pionnier de l’industrie touristique avait fait les gros titres de la presse après la révolution, vilipendé pour ses liens avec Belhassen Trabelsi. Son amitié avec Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense du gouvernement français, avait aussi défrayé la chronique. Depuis, il se tenait à l’écart des curieux, préférant ne pas répondre aux critiques. Depuis quelques mois, il avait laissé les commandes des affaires familiales à son fils Karim.

D’abord employé de la société hôtelière touristique de Tunisie, le natif de Kairouan crée sa propre agence de voyages en 1968, puis au cours des années 1970, inaugure l’hôtel Phenicia à Hammamet. Porté par l’engouement des Européens pour les stations balnéaires tunisiennes, il multiplie ensuite les ouvertures de résidences hôtelières, s’imposant comme un interlocuteur incontournable pour les tours operators.   

Diversification

Au moment de l’arrivée du président Ben Ali au pouvoir, TTS entame sa diversification en investissant dans une société d’emballage, puis dans une société d’informatique concessionnaire des marques IBM et HP. Le groupe acquière aussi des participations financières dans des sociétés de leasing et plusieurs banques. Enfin, en 1995, l’entrepreneur prend le contrôle de la compagnie aérienne Nouvelair. Devenu une figure du capitalisme tunisien, il est « inévitablement » approché par Belhassen Trabelsi, propriétaire de Carthago Airlines. En 2008, les deux hommes entérinent la fusion des deux compagnies.

Depuis la révolution, l’activité du groupe TTS, à l’image de l’économie tunisienne, n’a pas encore retrouvé son rythme de croisière. À preuve, le retard pris par le chantier de la Baie de Gammarth. Pour redresser la barre, l’héritier pourra compter sur les conseils de Foued Daghfous, éphémère ministre des domaines de l’État d’octobre 2010 à janvier 2011.

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