Économie

L’Afrique du Sud cède ses parts dans Vodacom pour renflouer Eskom

Pour renfoncer les finances de la compagnie nationale d’électricité Eskom, l’État sud-africain a cédé ses parts dans l’opérateur télécoms Vodacom Group. L’acquéreur est Public Investment Corporation, gestionnaire des fonds de pension des fonctionnaires.

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:47

Eskom produit 95 % de l’électricité en Afrique du Sud. (Photo d’illustration) © Gerhard Roux/Wikimedia Commons

Le gouvernement sud-africain a annoncé mercredi la vente de sa participation de près de 14 % dans la compagnie de téléphonie mobile Vodacom Group (filiale du britannique Vodafone, présente en Afrique du Sud, en RDC, en Tanzanie, au Mozambique et au Lesoth). L’acquéreur est Public Investment Corporation (PIC), structure d’investissement quasi-publique chargée de la gestion des fonds de pension des fonctionnaires.

Investissements lourds

Cette cession devrait rapporter près de 2 milliards de dollars qui serviront à financer une injection au capital de la compagnie nationale d’électricité Eskom en difficulté. Le gouvernement avait annoncé en septembre 2014 qu’il entendait se défaire d’actifs non stratégiques pour venir au secours d’Eskom, très endetté et en mal de trésorerie alors que l’entreprise publique est en train de réaliser des investissements lourds en maintenance et dans de nouvelles centrales thermiques pour répondre à la saturation du réseau.

Eskom livre 95 % de l’électricité en Afrique du Sud. Elle a vu sa notation abaissée au rang d’obligation pourrie par l’agence Standard & Poor’s en mars. En plus des 23 milliards de rands que compte injecter le gouvernement sud-africain dans le capital de l’opérateur d’électricité, l’État va éponger une dette d’Eskom de 60 milliards de rands (4,4 milliards d’euros) en la convertissant en actions. « Ces mesures doivent renforcer encore les comptes de la compagnie, en plus de réductions de coûts et d’ajustements tarifaires », a souligné le Trésor sud-africain.

Les tarifs de l’électricité, qui ont plus que triplé depuis 2008, ont encore augmenté de 12,69 % en avril. Eskom espérait pouvoir appliquer une nouvelle augmentation de 9,58 % au 1er juillet, qui lui a été refusée lundi par le régulateur. Certains analystes parient cependant sur des hausses de 20 à 25 % de tarif d’électricité l’an prochain, d’autant plus impopulaires que l’économie est en panne de croissance et les coupures de courant incessantes depuis novembre.

Appel d’offres

L’essentiel du parc actuel de centrales électriques d’Eskom tourne au charbon, à l’exception de la centrale nucléaire de Koeberg (sud-ouest). Deux nouvelles super-centrales à charbon sont en construction, et le gouvernement de Jacob Zuma veut aussi s‘équiper de six à huit nouveaux réacteurs nucléaires (9 600 MW). L’appel d’offres devrait avoir lieu dans les prochains mois.

(Avec AFP)