BTP & Infrastructures

Cameroun-Congo : manoeuvres chinoises autour du projet minier de Mbalam-Nabeba

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Mis à jour le 02 juillet 2015 à 15h08
Le projet minier de Mbalam-Nabeba est à cheval entre le Cameroun et le Congo-Brazzaville.

Le projet minier de Mbalam-Nabeba est à cheval entre le Cameroun et le Congo-Brazzaville. © Sundance

La Chine va financer la construction du rail et du port minéralier de Lolabé, des infrastructures liées au projet minier de Mbalam-Nabeba, entre le Cameroun et le Congo. Le groupe portugais Mota-Engil, qui avait remporté l’appel d’offres pour la construction de ces installations et disposait d’un an pour en structurer le financement, devrait en être évincé.

Alors que les prix du fer sont en net recul, l’Australien Giulio Casello veut croire que le salut des projets africains liés à ce minerai passe par la Chine, son principal consommateur mondial. Le patron de Sundance, qui mène le projet de fer de Mbalam-Nabeba, à cheval sur le Cameroun et le Congo Brazzaville, se dit « soulagé » de la décision du Cameroun, annoncée le mercredi 1er juillet 2015, de reprendre à son compte la partie infrastructures de ce complexe minier.

La reprise en main par Yaoundé de la construction et de l’exploitation du rail et du port minéralier de Lolabé – tous les deux au Cameroun –  s’explique par la promesse de financement chinois obtenue par le Premier ministre Philemon Yang lors de son voyage à Pékin le 19 juin, même si les détails de l’accord restent à être définis puis paraphés par les officiels des deux pays, ce qui pourrait prendre encore six mois.

« Désormais, nous allons concentrer nos efforts sur le financement de la partie minière du projet. Ce qui requière un financement trois fois moins important que lorsque nous pilotions les deux composantes du projet », se réjouit Giulio Casello, joint par Jeune Afrique à Perth, où sa société est basée.

La décision du Cameroun fait toutefois un malheureux : Mota-Engil. Sélectionné en juin 2014 par Sundance suite à un appel d’offres pour la construction de ces infrastructures, pour un montant 3,5 milliards de dollars, le groupe de BTP portugais disposait de douze mois pour structurer la syndication bancaire autour du projet. Il n’y est pas parvenu et sera « très probablement remplacé par un groupe chinois, Pékin ayant rarement l’habitude de financer des projets bâtis par des sociétés n’étant pas basées dans l’empire du Milieu », estime Giulio Casello.

Un partenaire chinois

Le dirigeant australien, qui a obtenu une extension de deux ans de son permis d’exploration au Cameroun – jusqu’au 24 juillet 2017 -, pense aussi que ce soutien chinois aux infrastructures du projet permettra aussi à Sundance de trouver plus facilement un partenaire dans l’empire du Milieu. Selon ce fin connaisseur de la Chine, le géant asiatique ne financerait pas la partie infrastructure du projet sans appuyer sa composante minière.

Giulio Casello indique d’ailleurs préparer une série de présentations sur les marchés financiers – surtout en Chine –  montrant le nouveau modèle économique de son projet pour attirer des investisseurs. Sundance doit réunir les fonds nécessaires à ses mines de Mbalam (au Cameroun) et Nabeba (au Congo-Brazzaville) dans les neufs mois qui suivent l’accord entre la Chine et le Cameroun pour les infrastructures, un délai qui « n’inquiète pas » Giulio Casello, qui ne croit pas au risque que Sundance soit évincé du projet par un groupe minier chinois.

En marge de la conférence Mining on Top – Africa à Londres, le secrétaire d’État camerounais aux Mines Fuh Calistus Gentry confiait que le projet Mbalam-Nabeba est l’un des trois gisements miniers jugés prioritaires du gouvernement, avec ceux du chinois Sinosteel à Lobé, et de l’indien Jindal à Ngovayang.

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