Cinéma

Angelina Jolie en pleine polémique : à quoi sert l’ambassadrice de l’ONU ?

Angelina Jolie lors de l'avant-première du film "Unbroken" à Londres, en novembre 2014. © Justin Tallis/AFP

Accusée d'exploiter le viol d'une Éthiopienne pour un film et d'avoir organisé à Londres un sommet contre les viols en zone de conflit pour un coût exorbitant, l'actrice américaine Angelina Jolie se retrouve au cœur de la tourmente. Gênant pour une ambassadrice de bonne volonté des Nations unies.

Il en va des causes humanitaires comme des cosmétiques de luxe : elles ont besoin de stars pour exister. Ainsi va le monde… Parlez de lutte contre les viols de masse en zone de conflit et tout le monde détournera le regard. Invitez Angelina Jolie à évoquer le même sujet lors d’un raout mi-mondain mi-politique et tout le monde vous écoutera. Les Nations unies, qui l’ont fait ambassadrice de bonne volonté en 2001, l’ont bien compris. Avec l’actrice oscarisée, désignée comme l’une des plus belles femmes du monde, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) peut communiquer sur son action au Cambodge, en Sierra Leone, en Tanzanie, en Thaïlande, au Kenya, en Égypte…

Et comme un certain Occident n’a toujours pas perdu son âme paternaliste et continue à vouloir prendre le reste du monde sous son aile, et que les stars a-do-rent s’afficher, on nous accable des messages de George Clooney sur le Darfour, de Bono sur le développement en Afrique et l’annulation de la dette des pays du continent, ou encore de Laeticia Hallyday ou d’Elodie Gossuin sur la santé des enfants et de leurs mères au Mozambique ou au Sénégal. Même insignifiantes, les stars ont toujours quelque chose à dire.

Angelina Jolie s’engage en RDC et en Éthiopie

Angelina Jolie n’échappe pas à la règle. Outre son action en faveur des réfugiés (elle a tout de même versé 1 million de dollars aux réfugiés afghans au Pakistan en 2002), l’actrice la mieux payée d’Hollywood entre 2012 et 2013 avec 33 millions de dollars a choisi d’apporter sa voix à de multiples causes. Les dernières en date : la lutte contre le viol des femmes dans l’est de la République démocratique du Congo et le soutien à un film éthiopien Difret qui dénonce une tradition ancestrale selon laquelle les hommes enlèvent les jeunes filles qu’ils veulent épouser.

Difret, de Zeresenay Berhane Mehari (sortie en France le 8 juillet)

Un sommet qui a coûté (très) cher, sans résultat probant

Oui, mais voilà : le quotidien britannique The Guardian révélait en juin que le sommet organisé à Londres par la star et le ministre des Affaires étrangères William Hague a coûté près de 7,3 millions d’euros, soit 5 fois le montant de l’aide des Britanniques à la cause… pour un résultat dérisoire. Les victimes de viol, dont aucune n’a été invitée à venir témoigner, n’ont pas reçu les traitements gynécologiques promis. Des centres médicaux et d’hébergement ferment faute de moyens.

Le film Difret, réalisée sans l’accord de la principale intéressée

Autre cause, autre polémique : Zeresenay Berhane Mehari, le réalisateur éthiopien de Difret, qu’Angelina Jolie co-produit et qui sortira en France le 8 juillet, a transposé à l’écran l’histoire vraie d’une jeune femme enlevée et mariée de force. Un film réalisé… sans l’accord de l’intéressée. Dénonçant l’exploitation commerciale de son viol et le fait que ce film pouvait la mettre en danger dans son propre pays, Aberash Bekele a obtenu que Difret, qui a reçu le prix du public du festival Sundance, ne soit pas projeté en Éthiopie. Angelina Jolie a reconnu qu’il s’agissait bien de son histoire et lui a versé une somme d’argent. « Ma vie est au bord du gouffre financier alors qu’ils organisent une première glamour de mon histoire. Ce n’est pas juste », a commenté Aberash Bekele. Ainsi va le monde.

 

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