Économie

Algérie : le paiement par chèque ou carte bancaire devient obligatoire pour certains achats

À partir du 1er juillet, certaines transactions ne pourront plus être réalisées que par carte bancaire ou par chèque en Algérie. Le gouvernement veut réduire les liquidités en circulation dans l’économie informelle.

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:46

Le paiement par carte bancaire en Algérie sera obligatoire à partir de certains seuils.. © Anne-Christine Poujoulat / AFP

Le paiement par chèque ou tout autre moyen bancaire va devenir obligatoire à partir du 1er juillet en Algérie où le marché informel est devenu une menace pour l’économie, selon un décret paru au Journal officiel. Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a récemment évalué à 37 milliards d’euros les liquidités en circulation dans le circuit informel, supérieures selon lui aux liquidités bancaires qui sont de 23 milliards d’euros.

Seuils

Les Algériens parlent souvent d’une économie de la « chkara » (sac) parce qu’ils doivent transporter dans des sacs des sommes colossales pour régler des achats immobiliers, de voitures et d’équipements qui peuvent atteindre des centaines de milliers d’euros. Le décret, selon le journal officiel, « a pour objet de définir le seuil » des paiements devant être « effectués par les moyens de paiement scripturaux », à savoir la carte bancaire ou les chèques.

Avec le nouveau décret, le seuil est fixé à 5 millions de dinars (50 000 euros) pour l’achat d’un bien immobilier, un million de dinars (10 000 euros) pour l’achat de bateaux de plaisance, matériels roulants, équipements industriels, véhicules, métaux précieux, objets d’antiquité et œuvres d’art et services aux entreprises.

Circuits informels

Lourdement pénalisé par la chute des prix du pétrole, une manne qui représente 60 % du budget, l’État algérien multiplie les mesures pour réaliser des économies et assécher les circuits informels. En 2011, l’État avait vainement tenté de rendre obligatoire le paiement par chèque à partir de 5 000 euros, mais le gouvernement avait alors reculé par crainte d’une contagion du Printemps arabe, qui avait donné lieu à de premières émeutes avant de s’estomper.