Société

Le Mozambique dépénalise l’homosexualité

Maputo a dépénalisé lundi les relations homosexuelles, avec l’entrée en vigueur d’un nouveau code pénal écartant tout risque de persécution légale.

Par
Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:45

Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT. © AFP

L’ancien code pénal, adopté en 1886 au temps de la colonisation portugaise, prévoyait l’application de « mesures de sécurité » contre les personnes « s’engageant habituellement dans des actes contre nature ».

L’avortement également dépénalisé 

Une provision qui aurait pu être utilisée pour persécuter les homosexuels, les exposant à des peines de travail forcé pouvant aller jusqu’à trois ans, mais qui n’a jamais été appliquée depuis l’indépendance du pays, en 1975.

Promulgué en décembre dernier par le président sortant, Armando Guebuza, le nouveau code pénal dépénalise également l’avortement, suite à la mobilisation de nombreuses organisations de défense des droits dans ce pays où  l’intolérance est moins marquée que chez certains voisins d’Afrique australe.

« Une victoire symbolique »

« C’est une victoire symbolique. Mais cela ne va pas fondamentalement changer grand chose pour nous », a confié  un étudiant en communication qui milite pour l’association Lambda de défense des droits LGBT. « L’inclusion sociale reste le principal défi », a t-il ajouté, refusant de donner son nom.

« On ne peut pas vraiment parler de volonté politique propre, le gouvernement réagit plutôt à la pression externe de certaines ambassades et des bailleurs de fonds », estime Dércio Tsandzana, un blogueur et activiste influent.

Le nouveau code pénal accueilli dans une relative indifférence

L’entrée en vigueur du nouveau code pénal est généralement accueillie dans une certaine indifférence. « La plupart des Mozambicains ne nie pas l’homosexualité, mais on ne peut pas dire non plus qu’elle soit acceptée », complète Dércio Tsandzana.

Les actes de violences contre les homosexuels sont très rares voire inexistants au Mozambique, entouré de pays hostiles à l’homosexualité. Robert Mugabe, le président du Zimbabwe voisin, est ainsi réputé pour sa croisade anti-homosexuels. En Afrique du Sud, où le mariage entre personnes de même sexe a pourtant été légalisé en 2006, les actes de violence homophobe sont fréquents.