Elections

Burundi : des élections législatives et communales sous haute tension

Une membre de la commission électorale (Ceni) enregistre un électeur à Bujumbura, le 28 juin 2015. © AFP/Marco Longari

Les bureaux de vote des scrutins législatifs et communaux burundais, boycottés par l'opposition, ont officiellement ouvert lundi à 4 h GMT dans un climat extrêmement tendu. Plusieurs centres électoraux ont été attaqués durant la nuit à Bukumbura.

Après deux mois de contestation contre la candidature du président Pierre Nkurunziza à un nouveau mandat, quelque 3,8 millions de Burundais sont appelés à s’exprimer lors de ces élections générales controversées.

Un suffrage déjà émaillé de violences : plusieurs centres de vote ont été attaqués cette nuit, à Bujumbura et en province, sans que les assaillants ne soient parvenus à endommager le matériel électoral. Quelques heures après le début du scrutin, une nouvelle grenade a explosé lundi à quelques centaines de mètres du centre de vote de Musaga. Selon une source policière, aucune victime n’est à déplorer.

Que s’est-il passé ? 

« Des groupes armés ont tenté d’attaquer les centres de vote à Cibitoke et Jabe », deux quartiers contestataires de Bujumbura, a déclaré le directeur-général adjoint de la police burundaise, le général Godefroid Bizimana. « Ils ont tiré et lancé des grenades mais les forces de l’ordre les ont repoussés » avant qu’ils n’atteignent le bâtiment.

De même, « des grenades ont été lancées » contre des centres de vote dans quatre localités de province, mais « n’ont pas causé de dégâts ».

À Bujumbura au cours de la nuit, six policiers ont été légèrement blessés par des tirs et 15 grenades ont explosé à travers la capitale, retardant la mise en place et l’ouverture des bureaux de vote. Des tirs ont été entendus par des habitants une bonne partie de la nuit dans les quartiers de Jabe et Musaga, eux aussi contestataires.

Défection du président de l’Assemblée nationale

Quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote, le président de l’Assemblée nationale burundaise, deuxième personnage de l’État, a annoncé dimanche s’être réfugié en Belgique d’où il a dénoncé le « forcing » électoral du président Pierre Nkurunziza.

Sa défection intervient dans la foulée de celle du 2e vice-président du Burundi, Gervais Rufyikiri, lui aussi opposé à un troisième mandat et également réfugié en Belgique. Gervais Rufyiriki avait expliqué cette semaine avoir fui après avoir reçu des menaces.

Des scrutins sans enjeux électoraux

Ces scrutins n’ont pas de véritable enjeu électoral si ce n’est de scruter le taux d’abstention, l’opposition et la société civile ayant appelé au boycott.

Les autorités burundaises ont refusé de reporter à nouveau les élections, malgré les appels de la communauté internationale, de l’Union africaine et des pays de la région, qui estiment que le climat actuel ne permet pas des élections crédibles.

Qui vont élire les Burundais ? 

Les citoyens doivent élire 100 députés, auxquels viendront s’ajouter trois membres de l’ethnie ultra-minoritaire twa (1% de la population) ainsi que, si nécessaire, un nombre variable de députés cooptés au sein des listes en lice pour parvenir aux équilibres prévus par la Constitution.

L’Assemblée doit en effet compter 60% de députés hutu (environ 85% de la population), 40% de députés tutsi (environ 15%) et 30% de femmes, des équilibres consacrés par l’Accord d’Arusha. L’élection présidentielle, nœud des tensions, est prévue le 15 juillet.

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