Société

Tuerie de Charleston : vive émotion lors des premières funérailles des victimes

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Mis à jour le 26 juin 2015 à 09:46

Le fils d’Ethel Lance, en prière devant le cercueil de sa mère, le 25 juin 2015, à Charleston. © Jim Watson/AFP

Familles, amis et simples citoyens : ils étaient nombreux jeudi à converger à Charleston, dans le sud-est des États-Unis, lors des premières funérailles des victimes de la fusillade raciste, pour leur rendre un dernier hommage.

Des centaines de personnes ont défilé devant le cercueil ouvert d’Ethel Lance, 71 ans, dans une entreprise de pompes funèbres de North Charleston, avant un service religieux qui s’est tenu dans l’après-midi pour Sharonda Singleton, 45 ans.

Les deux femmes faisaient partie du groupe d’étude biblique pris pour cible le 17 juin à l’église historique « Emanuel African Methodist Episcopal Church » de la ville. L’auteur présumé, Dylann Roof, voulait avec ce massacre lancer une « guerre raciale ».

Vive émotion

L’émotion était immense lors de l’hommage rendu aux deux femmes. « Je suis là pour vous dire que nous sommes plus forts parce que nous sommes ensemble en tant que communauté », a lancé le révérend Norvell Goff.

Dans l’église Baptiste Mount Moriah Missionary, pleine à craquer, 2 000 personnes ont rendu hommage à Sharonda Singleton. « Elle pensait qu’elle pouvait changer chaque enfant », a dit la gouverneure de Caroline du Sud, la républicaine Nikki Haley. Jesse Jackson et Al Sharpton, deux des militants les plus emblématiques des droits civiques aux États-Unis, étaient également présents.

Un lâcher de colombes lors des obsèques d’Ethel Lance, l’une des neuf victimes du massacre perpétré dans une église de Charleston.

Un lâcher de colombes lors des obsèques d’Ethel Lance, l’une des neuf victimes du massacre perpétré dans une église de Charleston. © AFP

Barack Obama vendredi aux obsèques du pasteur Clementa Pinckney

Barack Obama devait prononcer l’éloge funèbre vendredi d’une autre victime, le pasteur Clementa Pinckney, 41 ans, également sénateur du parlement local.

Mercredi, des milliers de personnes lui avaient rendu hommage en défilant devant son cercueil exposé au parlement de Columbia, la capitale de l’État de Caroline du Sud. Les obsèques des autres victimes doivent avoir lieu tout au long du week-end et de la semaine prochaine.

La campagne pour le retrait du drapeau confédéré a commencé

Par ailleurs, la campagne pour le retrait du drapeau confédéré, symbole de racisme pour nombre d’Américains, s’est poursuivie. Ce drapeau avait été brandi par le tueur présumé sur plusieurs photos, notamment dans l’enceinte du parlement local.

Pour certains, le drapeau datant de la Guerre de Sécession est un emblème de l’histoire du Sud. D’autres estiment en revanche qu’il incarne le temps de l’esclavage et la haine raciale. Selon MoveOn.org, plus de 600 000 personnes ont signé plus de 50 pétitions contre le drapeau sur son site internet. La gouverneure de Caroline du Sud, s’est prononcée en faveur du retrait du drapeau du parlement mais la décision finale doit être prise par les élus.

Enquête fédérale

À Washington, la ministre de la Justice Loretta Lynch a expliqué qu’il était trop tôt pour dire si Dylann Roof pouvait être poursuivi pour des charges fédérales. Une enquête fédérale pour crime motivé par la haine et pour acte de terrorisme intérieur est en cours.

Dylann Roof a été inculpé notamment d’assassinats et est depuis à l’isolement dans une prison de North Charleston. La gouverneure a indiqué être en faveur de la peine de mort s’il était condamné.