Droits de l’homme

Marikana : vers une enquête criminelle contre la police

Manifestations de mineurs près de Rustenburg, le 16 août 2012 .

Manifestations de mineurs près de Rustenburg, le 16 août 2012 . © AFP/Stringer

« La commission (d’enquête sur Marikana) estime que l’opération de police n’aurait pas dû avoir lieu car le plan était défectueux », a déclaré jeudi le président sud-africain, Jacob Zuma.

Jacob Zuma a lu jeudi 25 juin au soir, en direct à la télévision sud-africaine, le résumé du rapport d’enquête de 600 pages sur le massacre qui avait traumatisé le pays, le 16 août 2012, lorsque la police avait tué 34 grévistes de la mine de Marikana. « La commission recommande une enquête exhaustive sous la direction du parquet dans le but de déterminer la responsabilité criminelle des agents de la police nationale impliqués dans les incidents », a poursuivi le chef de l’État.

Dénonçant « un manque total de contrôle et de commandement », notamment dans la deuxième phase du massacre, la commission note que l’opération de police lancée contre les grévistes porteurs d’armes blanches était vouée à la catastrophe, compte tenu du nombre de mineurs rassemblés et de l’impossibilité évidente pour les forces de l’ordre de les désarmer pacifiquement.

« Une horrible tragédie qui n’a pas sa place dans une démocratie »

Jacob Zuma, lui-même mis en cause dans le massacre, n’a pas mâché ses mots. « L’incident de Marikana a été une horrible tragédie qui n’a pas sa place dans une démocratie », a dit le chef de l’État. « Tous les citoyens ont le droit de manifester et les travailleurs ont le droit de se mettre en grève pacifiquement et de négocier leurs conditions de travail avec leurs employeurs, pacifiquement ».

« Toute la nation sud-africaine a été choquée, le monde entier a été choqué, car personne ne s’attendait à cela dans une Afrique du Sud libre et démocratique. Nous devons, en tant que nation, tirer les leçons de ce douloureux épisode. Nous devons l’utiliser pour construire une société plus unie, pacifique et soudée », a-t-il ajouté.

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