Politique

Kenya : ces jihadistes étrangers venus combattre avec les Shebab

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Mis à jour le 26 juin 2015 à 11:09

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, et le vice-président William Ruto s’adressent à la Nation le 4 avril 2015 à Nairobi. © John Muchucha/AFP

Le Kenya a lancé un avertissement aux dirigeants européens : les étrangers venus combattre aux côtés des islamistes somaliens Shebab poseront à terme un problème à l’Europe, s’ils échappent aux forces de sécurité kényanes.

« Des combattants étrangers, dont certains Européens, sont sur le terrain dans la Corne de l’Afrique », a averti le vice-président kényan, William Ruto, à l’occasion d’une conférence internationale sur la lutte contre l’extrémisme. « S’ils échappent à nos forces de sécurité, ils retourneront dans leur pays d’origine afin d’y poursuivre leurs brutales activités », a-t-il poursuivi.

Un britannique jihadiste tué au Kenya

Si aucun chiffre n’a été fourni pour quantifier la présence de jihadistes étrangers dans la Corne de l’Afrique, de récentes actualités ont mis en lumière leur existence. Le 15 juin, les autorités kényanes avaient annoncé la présence d’un jihadiste britannique parmi des militants Shebab tués lors d’une attaque contre une base militaire kényane.

Premier britannique jihadiste tué au Kenya, Thomas Evans, 25 ans, originaire du Buckinghamshire, dans le sud de l’Angleterre, avait rejoint les shebab en 2011 après s’être converti à l’islam à 19 ans, selon la presse britannique.

Le front somalien éclipsé par l’État islamique 

Une vidéo apparemment tournée par Evans lui-même avant l’assaut où il a péri a été diffusée jeudi par la télévision britannique ITV, montrant des militants en plein combat. La vidéo montre également des militants se donner l’accolade avant l’attaque, parmi lesquels semble figurer un jihadiste allemand, identifié comme Andreas Muller.

Les islamistes shebab ont longtemps été un fort pôle d’attraction pour les volontaires occidentaux au jihad. Mais la montée en puissance des théâtres d’action irakien et syrien a toutefois éclipsé le front somalien pour les jihadistes européens, selon les experts.

« La veuve blanche » aux côtés des Shebab ? 

Parmi les Européens les plus suspectés de figurer dans les rangs des shebab, figure notamment la Britannique Samantha Lewthwaite. Surnommée « la veuve blanche », elle est recherchée au Kenya pour détention d’explosifs depuis décembre 2011.

Samantha Lewthwaite, une convertie de 31 ans, est la veuve de Germaine Lindsay. Ce dernier est l’un des quatre militants islamistes responsables des attaques-suicides du 7 juillet 2005 à Londres, qui avaient causé la mort de 52 morts.