Racisme

Après la tuerie de Charleston, les États-Unis doivent-ils bannir le drapeau confédéré ?

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 24 juin 2015 à 11h37
Le drapeau confédéré devant le Parlement local le 19 juin 2015 à Charleston.

Le drapeau confédéré devant le Parlement local le 19 juin 2015 à Charleston. © Mladen Antonov/AFP

Le débat sur la place dans l’espace public américain du drapeau confédéré, symbole du passé esclavagiste du Sud des États-Unis, fait rage. Certaines grandes enseignes américaines ont déjà choisi de l’interdire de leurs rayons, répondant ainsi à l’émotion suscitée par l’attentat qui a fait 9 morts dans une église de Charleston en Caroline du Sud, mercredi dernier.

Après la multinationale Wal-Mart, de nombreux grands magasins, comme Sears, Kmart ou encore la boutique en ligne Ebay, ont annoncé, mardi 23 juin 2015, ne plus vouloir commercialiser de produits arborant le drapeau confédéré (connu sous le nom générique de « Dixie Flag », ou « Confederacy Navy Jack », drapeau de guerre de la marine des États du Sud). Pour nombre de ses partisans, ce drapeau symbolise l’histoire des États (esclavagistes) qui ont fait sécession en 1861 tandis que pour ses détracteurs, il représente plutôt le racisme et les partisans de la théorie de la suprématie blanche, qui en ont fait leur étendard au grand dam de nombreux sudistes non racistes.

La controverse autour du drapeau confédéré a été relancée après le meurtre de neuf Africains-Américains dans une église emblématique de la communauté noire de Charleston, dans l’État de Caroline du Sud. Le tueur, Dylann Roof, est un suprémaciste blanc et il apparaît sur plusieurs photos brandissant ce drapeau.

La multinationale Wal-Mart a été la première à prendre la décision de retirer « tous les produits faisant la promotion du drapeau confédéré » dans un souci de « n’offenser personne ». Son PDG, Doug Mcmillon, a estimé « avoir pris la bonne décision » en soulignant qu’il ne savait pas que ses magasins vendaient de tels produits.

Retrait du drapeau : « 150 ans après la Guerre de la Sécession, le temps est venu »

Lundi, la gouverneure républicaine de Caroline du Sud, Nikki Haley, a demandé le retrait du drapeau confédéré qui flotte devant le siège du gouvernement de l’État en déplorant « un symbole qui divise ». Selon elle, « 150 ans après la Guerre de la Sécession, le temps est venu » de retirer le drapeau, même « s’il fait partie de notre histoire », a-t-elle déclaré. Deux jours plus tôt, des milliers de personnes ont manifesté en Caroline du Sud pour exiger le retrait du drapeau.

La candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, a elle aussi appuyé cette requête puisque le drapeau est « symbolique du passé raciste de notre pays », a-t-elle affirmé.

Pour sa part, le gouverneur de la Virginie, Terry McAuliffe, a annoncé mardi qu’il interdira le drapeau confédéré sur les plaques d’immatriculation des voitures. « Son affichage continue de diviser et de heurter sans raison trop de gens », a-t-il expliqué. D’ailleurs, la Cour suprême des États-Unis a donné raison le 18 juin dernier aux États qui refusent de cautionner un message de propagande délivré sur une plaque d’immatriculation.

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