Politique

Sénégal : « Y’en a marre » réactive la protestation contre les délestages

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:44

Un stand du mouvement citoyen sénégalais « Y’en marre », le 22 janvier 2012 à Dakar. © Seyllou/AFP

Le mouvement citoyen sénégalais « Y’en marre » a annoncé mardi une « campagne de mobilisation » nationale contre les coupures d’eau et d’électricité dans le pays et appelé le gouvernement à y trouver « une solution définitive », au lendemain d’un remaniement lié à cette question.

« Les coupures d’eau et de courant reviennent avec insistance » depuis plusieurs semaines, a déclaré le 23 juin Fadel Barro, un responsable de « Y’en a marre », lors d’une conférence de presse à Dakar.

Il a annoncé « une campagne de mobilisation » marquée notamment par « de grands rassemblements, après le ramadan (mi-juillet), à Dakar et partout dans le pays, pour dire aux autorités que nous voulons une solution définitive » à ces coupures.

Créé à l’origine en janvier 2011 pour faire face aux problèmes d’électricité, « Y’en a marre », formé notamment de rappeurs, a été un fer de lance contre la candidature pour un troisième mandat du président Abdoulaye Wade, battu par Macky Sall en 2012.

Limogeages en série

Le président Sall s’était récemment montré irrité par les coupures d’électricité et d’eau à répétition. « Le blackout total de la Senelec n’est pas acceptable. Il faut prendre des mesures alternatives, ce n’est pas acceptable », avait-il martelé début juin, lors d’une rencontre avec les opérateurs privés.

Cet appel à la mobilisation intervient au lendemain du limogeage du directeur général de la Société nationale d’électricité (Senelec) Pape Dieng et du remplacement de la ministre chargée de l’Énergie.

Mouhamadou Makhtar Cissé, ex-directeur de cabinet du président Sall, a été nommé directeur général de la Senelec, selon un décret présidentiel, tandis que la ministre de l’Énergie Maïmouna Ndoye Seck était réaffectée au Tourisme et aux Transports aériens.

Les coupures de courant avaient aussi provoqué des interruptions dans la distribution de l’eau dans plusieurs régions, dont Dakar et sa banlieue.