Justice

L’Allemagne libère un journaliste d’Al-Jazeera réclamé par l’Égypte

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 22 juin 2015 à 19h48
Une vidéo diffusée par la chaîne Al-Jazeera en juin 2015 montrant le journaliste égyptien Ahmed Mansour dans les studios de la chaîne, à Doha.

Une vidéo diffusée par la chaîne Al-Jazeera en juin 2015 montrant le journaliste égyptien Ahmed Mansour dans les studios de la chaîne, à Doha. © AFP

L’Allemagne a libéré lundi soir un journaliste d’Al-Jazeera réclamé par l’Égypte et détenu depuis samedi à Berlin, rejetant une demande d’extradition jugée plus politique que judiciaire.

« Je suis libre, je suis libre, je suis libre (…). Merci aux gens qui m’ont soutenu ces derniers jours dans le monde entier », a déclaré Ahmed Mansour à sa sortie du palais de justice de Berlin.

Le parquet général de Berlin a annoncé dans un communiqué l’abandon pur et simple de la procédure qui visait le journaliste vedette de la chaîne de télévision qatarie, évoquant à la fois « des aspects juridiques et des craintes politico-diplomatiques », sans détailler les raisons de sa décision.

Les réserves du gouvernement allemand sur cette extradition 

Le gouvernement allemand avait exprimé à la mi-journée de claires réserves sur l’extradition d’Ahmed Mansour, arrêté samedi sur la base d’un mandat d’arrêt international émis par l’Égypte, qui l’accuse de plusieurs crimes. « Nous sommes loin, très loin » à ce jour de la remise du journaliste vedette de la chaîne qatarie aux autorités égyptiennes, avait déclaré Martin Schäfer, porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères.

Même si la justice s’était prononcée en faveur d’une extradition, il aurait encore fallu que le ministère de la Justice donne son feu vert en fonction de plusieurs critères, en écartant notamment le soupçon de poursuites politiques.

Condamné par contumace en Égypte

Or le gouvernement allemand, sur ce sujet délicat qui met en jeu les relations de Berlin avec le régime du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, a mis en doute les garanties offertes par la justice égyptienne. « Le gouvernement allemand s’est interrogé à plusieurs reprises sur le respect de l’équité dans la procédure pénale égyptienne et a réclamé le respect des droits de l’homme et de la liberté d’expression » en Égypte, selon Martin Schäfer.

Ahmed Mansour, journaliste d’origine égyptienne, est considéré comme proche des Frères musulmans. Al-Jazeera a indiqué que son journaliste avait été condamné par contumace en 2014 par la justice égyptienne « à quinze ans de prison » pour avoir « torturé un avocat en 2011 sur la place Tahrir », épicentre de la révolution qui secouait alors l’Égypte. « Ce dossier est factice », avait répondu Ahmed Mansour dans une vidéo diffusée par la chaîne.

Passe d’armes entre l’Égypte et Al-Jazeera

Son arrestation a provoqué un tollé. « L’Allemagne ne doit pas devenir complice du régime égyptien. Mansour ne doit en aucun cas être extradé, et certainement pas sur la base d’allégations douteuses », avait assuré Reporters sans frontières dans un communiqué.

Al-Jazeera et l’Égypte n’en sont pas à leur première passe d’armes depuis que Mohamed Morsi a été évincé du pouvoir par Abdel Fattah al-Sissi. Trois journalistes de la chaîne qatarie, dont l’Australien Peter Greste et le Canadien Mohamed Fahmy, avaient déjà été arrêtés en 2013. Accusés d’avoir soutenu les Frères musulmans, ils avaient écopé de sept à 10 ans de prison. Peter Greste est depuis rentré en Australie en vertu d’un décret présidentiel, tandis que ses compagnons doivent être rejugés.

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