Droits de l’homme

Angola : 13 militants arrêtés par la police, dont le rappeur Luaty da Silva Beirão

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h44
Des activistes sont arrêtés en mars 2015 à Luanda, Angola.

Des activistes sont arrêtés en mars 2015 à Luanda, Angola. © Estelle Maussion/AFP

En Angola, au moins 13 défenseurs des droits de l’homme ont été appréhendés par la police samedi, dont le célèbre rappeur Luaty da Silva Beirão. Ils sont soupçonnés par les autorités de vouloir porter atteinte à la sécurité du pays.

Treize militants ont été arrêtés à Luanda, samedi 20 juin, dont trois bien connus des Angolais : les défenseurs des droits de l’homme, Manuel Nito Alves et Mbanza Hamza, ainsi que le rappeur Luaty da Silva Beirão. Selon la BBC, des documents et des ordinateurs ont été saisis par les policiers dans le but de juger cette affaire devant les tribunaux.

Que leur reproche-t-on ?

Ces militants s’opposeraient au régime du président José Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 36 ans. Ils auraient récemment réclamé la démission du chef de l’État lors de rassemblements organisés dans la capitale, Luanda. Selon un communiqué du ministère angolais de l’Intérieur, partagé par le média local Central Angola 7311, ces activistes se « préparaient à réaliser des actes visant à porter atteinte à l’ordre et la sécurité du pays ».

Central Angola 7311

Communiqué du ministère angolais de l'Intérieur. © Central Angola 7311

Deux activistes, Manuel Nito Alves et Mbanza Hamza, connus du public angolais, sont les fondateurs d’une association nommée « Mouvement révolutionnaire ». Ce n’est pas la première fois qu’ils sont arrêtés. En 2013, ils avaient été emprisonnés pendant plus de deux mois pour avoir fait imprimer des t-shirts arborant des slogans hostiles au gouvernement.

Qui est Luaty da Silva Beirão ?

Luaty da Silva Beirão, aussi connu sous le nom d’Ikinoklasta ou Brigadeiro Mata Frakus, utilise la musique pour faire valoir ses revendications depuis déjà quelques années. Le rappeur avait été à l’origine des grandes manifestations contre la réélection du président en 2011, à un an de la présidentielle qui a maintenu José Eduardo dos Santos au pouvoir. Le chanteur engagé avait alors été arrêté, tout comme de nombreux militants et journalistes, après être rentré d’exil.

Comment se porte la liberté d’expression en Angola ?

Cette chasse aux opposants est loin d’être nouvelle dans le pays. En mars dernier, deux défenseurs des droits humains, Jose Marcos Mavungo et Arao Bula Tempo, avaient aussi été arrêtés pour avoir planifié une manifestation contre le gouvernement. Leur détention avait été dénoncée par Amnesty International et cinq autres ONG. « Les autorités se moquent ouvertement des droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression », avait alors déclaré Muleya Mwananyanda, directrice adjointe d’Amnesty International pour l’Afrique australe. Allégations que dénient les autorités angolaises.

Fin mai, le journaliste Rafael Marques a aussi été condamné à six mois de prison avec sursis. Il était poursuivi par sept généraux pour son livre sur les violences commises dans des mines de diamants.

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