Économie

Le Nigeria choisit deux sites pour de futures centrales nucléaires

Le Nigeria a retenu deux sites pour la future construction de centrales nucléaires qui doivent pallier les pannes d’électricités qui handicapent la croissance de la première économie d’Afrique depuis des décennies. 

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Mis à jour le 22 juin 2015 à 12:28

Vue de la centrale nucléaire de Koeberg (Afrique du Sud), la seule active sur le continent. © Paul Scott/Flickr/Licence CC

La compagnie étatique russe Rosatom, qui est en discussion avec le Nigeria à propos des centrales nucléaires, a confirmé le vendredi 19 juin, que deux sites avaient été retenus dans le pays le plus peuplé d’Afrique pour la construction d’un total de quatre réacteurs nucléaires.

Aucune des parties n’a souhaité dévoiler l’emplacement des deux sites, mais une source de l’agence nucléaire nigériane a indiqué que les deux centrales pourraient être construites dans l’État d’Akwa Ibom, au sud-est du Nigeria, et dans l’État de Kogi, au centre-nord du pays.

Capacités

Avec une population estimée à 170 millions de personnes, le Nigeria dispose de capacités électriques qui fluctuent entre 6 000 et un peu plus de 7 000 MW, selon la compagnie de transport d’électricité nigériane (TCN), avec 80 % de centrales électriques au gaz. Selon le World Energy Council, un rapport officiel publié par l’Agence internationale de l’Energie, environ 87 millions de Nigérians ne bénéficient actuellement pas d’une couverture électrique.

En comparaison, les capacités électriques de l’Afrique du Sud sont sept fois plus importantes pour une population au moins trois fois inférieure.

La première économie d’Afrique n’a aucune expérience dans le développement et l’exploitation de centrales nucléaires, mais possède de petits réacteurs destinés à la recherche, qui produisent environ 30 kW, a expliqué Franklin Erepamo Osaisai, directeur général de la Commission de l’énergie atomique nigériane, sur le site internet de l’organisation.

Financements incertains

Une centrale nucléaire coûte entre 5 et 8 milliards de dollars, d’après une source chez Rosatom. Le Nigeria n’a pas encore expliqué comment il prévoyait de financer la construction. La question est primordiale alors que les finances du pays ont été mises à mal par la chute des cours du pétrole, sa principale exportation.

En mars 2009, la Russie et le Nigeria ont signé une déclaration d’intention pour soutenir le Nigeria dans le développement d’infrastructures pour le nucléaire civil. Cette déclaration a abouti à la signature d’un pacte en avril 2015 entre le président de la Commission de l’énergie atomique nigériane avec Rosatom pour la fourniture de quatre centrales nucléaires.

Avec un portefeuille de 101,4 milliards de dollars en 2014, le Russe Rosatom poursuit sont développement à l’international après avoir signé l’an dernier des accords pour la construction de réacteurs en Hongrie, en Inde, en Iran et en Jordanie.

(Avec Reuters)